Heeeeeeeeey !
Comment ça va ? Ăa va bien ? Ăa fait longtemps, non ? (un peu quand mĂȘme)
Il sâen est passĂ© des choses depuis la derniĂšre newsletter. Je vais tenter de faire un petit rĂ©sumĂ©.
PREVIOUSLY IN LA VIE DE MORGANE (câest pour que ce soit un peu fun) :
La derniĂšre fois que jâĂ©tais dans votre boĂźte mail, câĂ©tait pour mon anniversaire (youpi) Ă SĂ©ville (YOUPI). Eh ben je confirme grandement, câĂ©tait superbe. Magnifique. Une ville haute en couleurs, qui fait du bien Ă tous les sens et dĂ©payse. Je me suis rĂ©galĂ©e, autant visuellement, culturellement que gustativement, jâai adorĂ© pouvoir sentir les fleurs dâorangers un peu partout dans la ville, dĂ©couvrir des palais mudĂ©jars magnifiques dont certains semblaient complĂštement cachĂ©s. Le spectacle de flamenco mâa laissĂ© bouche bĂ©e. Je repense encore au bruit sourd de chaque pas sur le plancher, Ă la force des sentiments exprimĂ©s au travers des corps, Ă toute vitesse, avec une Ă©nergie et une sensualitĂ© folle.
La halte dâune journĂ©e Ă Cordoue a Ă©tĂ© aussi gĂ©niale, avec surtout la Mezquita, temple romain puis basilique puis mosquĂ©e puis cathĂ©drale, le tout cohabitant encore aujourdâhui, qui donne donc un lieu unique et singulier, lui aussi Ă couper le souffle. On a par contre, comme beaucoup dâautres, Ă©tĂ© trĂšs perplexes puis hilares Ă lâentente dâune musique au violon, qui ressemblait beaucoup Ă Lâamour brille sous les Ă©toiles du Roi Lion, avant de se rendre compte que câĂ©tait bel et bien ça, et quâelle Ă©tait jouĂ©e tout au fond de la Mezquita, dans une des chapelles, oĂč avait lieu un mariage, et dont le rite de la communion Ă©tait rythmĂ© par Elton John version violon. En bref, câĂ©tait un trĂšs beau voyage, un anniversaire rĂ©ussi, et plein de souvenirs supplĂ©mentaires Ă chĂ©rir.
eh non, pas de paysages, mais un milhojas de zinzin
Quoi dâautre ? Je me suis remis au sport de maniĂšre plutĂŽt rĂ©guliĂšre (sauf lĂ en pĂ©riode dâĂ©norme canicule, faut pas dĂ©conner, mĂȘme sâil fait plus frais dans la salle de sport que dehors jâai pas envie de mourir en legging). Je me suis mĂȘme mise Ă faire de la muscu ! Jâai mon petit planning dâexercices que je suis, je tracke mes progrĂšs, je deviens une tueuse au leg press mais je reste archi nulle pour tout ce qui est des bras, au point oĂč je me suis niquĂ© un coude et que le deuxiĂšme commence lui aussi Ă ĂȘtre sensible vu que je compense un peu comme une bĂ©casse (oups).
TrĂšs intimidant au dĂ©but, parce que jây vois pour la majoritĂ© du temps que des gros bonhommes qui lĂąchent trĂšs fort les Ă©quipements en grognant et puis font les cents pas en attendant dâenchaĂźner leurs sets, et qui font tout ça trĂšs vite et trĂšs bruyamment parce que faut un peu prouver qui est le plus fort de la salle. Mais je commence Ă bien aimer ! Câest dĂ©jĂ plus fun que de fixer un tapis de marche pendant 45 minutes, et un peu plus gratifiant parce que je vois quelques progrĂšs.
Et quand câest pas Ă la salle de sport, jâen fais chez moi, en alternant entre du renforcement musculaire et un peu de pilates. Pas mal, nan ?
Il y a eu aussi pleins de petites choses cool : entre les expos ça et lĂ , ma premiĂšre manif Ă Paris, retrouver 53 balles sur mon compte Lydia que jâavais complĂštement oubliĂ© et qui me seraient passĂ©s sous le nez sâils avaient pas envoyĂ© un mail pour me dire que si je continuais Ă ĂȘtre inactive ils allaient me prendre 3 euros par mois et que de seum jâai tout rĂ©installĂ© pour pouvoir dĂ©sactiver mon compte et de ce fait dĂ©couvrir ce sĂ©same (la journĂ©e ne peut que ĂȘtre bonne aprĂšs ça), assister Ă mon premier mariage et revoir toute ma famille et câĂ©tait absolument super, faire mon premier bain de lâannĂ©e dans de lâeau Ă 13 degrĂ©s (jâai douillĂ© sur le moment mais marrant, sous 38 degrĂ©s lĂ je regrette un peu ce temps dĂ©licieux), il y a surtout eu un gros changement : jâai dĂ©missionnĂ©.
OUI ! Je suis enfin partie. Depuis bientĂŽt un mois, je ne suis plus hĂŽtesse dâaccueil. Et ça fait du bien. DĂ©jĂ au moral, de plus avoir Ă ĂȘtre dans le mĂȘme uniforme tous les jours, ni de me rĂ©veiller Ă 6h30, dâattendre infiniment un bus qui arrive âdans 4 minutesâ depuis 15 minutes, de plus avoir Ă dire bonjour approximativement 87 fois dans une matinĂ©e ni de devoir ĂȘtre sur une retenue maximale dĂšs quâun con se prĂ©sente ou parle extrĂȘmement mal.
Mais surtout, surtout surtout, câest que je peux enfin me consacrer pleinement au freelance, et quâil va falloir que je mâhabitue Ă le dire aux gens au lieu de paniquer quand on me demande ce que je fais. Je me lance comme freelance dans la stratĂ©gie Ă©ditoriale et dans la rĂ©daction.
Jâaime bien parce que ça fait sĂ©rieux et un peu stylĂ© (oups). Jâai lancĂ© mon petit site web (je le soft launch ici, câest mobuski.com allez donc jeter un oeil hihi), je prĂ©pare un petit plan dâattaque pour occuper davantage dâespace sur les rĂ©seaux (bientĂŽt Mobuski sur Insta et Tiktok si tout se passe bien). Jâai envoyĂ© mes premiers mails avec mon adresse pro, la jolie signature avec mon site web, ma newsletter (of course) et mon logo, eh ben ça fait quelque chose.
Petit Ă petit, je prends le dessus sur ma peur de me lancer. Câest pas simple, ça reste effrayant, jâai trĂšs peur de me rater ou dâĂȘtre ridicule (comme dâhab en fait, ces peurs-lĂ rythment un peu trop ma vie), mais faut y aller, sinon je sens que je vais regretter. Et sâil y a bien une chose qui me terrifie, câest lâidĂ©e de passer Ă cĂŽtĂ© de ma vie. De me rĂ©veiller Ă 47 ans et me dire merde, en fait jâaurais dĂ» faire ça. DâĂȘtre bloquĂ©e dans une vie que je veux pas.
Alors certes, lĂ en ce moment câest pas le plus confortable (dĂ©mission = pas de thunes, woohoo), je le sens que je suis intimidĂ©e, mais y a de lâenjeu, et ça fait un moment que jâen avais plus. Et câest quâune phase. Ăa nâira que vers le meilleur, progressivement, doucement, peut-ĂȘtre plus doucement que ce que jâaimerais, mais il est grand temps de mâactiver pour faire prĂ©cisĂ©ment ce que je veux et avancer concrĂštement vers mes objectifs.
VoilĂ , on a fait un joli petit rĂ©cap des 2/3 mois derniers. On peut revenir au moment prĂ©sent, oĂč tout le monde nage dans sa propre sueur et cherche dĂ©sespĂ©rĂ©ment un brin de fraĂźcheur dans cette horrible canicule. Pour lâinstant jâen suis Ă 5 voire 6 douches par jour, jâai abandonnĂ© mon canapĂ© vert foncĂ© en velours pour me rĂ©fugier principalement sur mon lit tout blanc, le ventilateur Ă fond la caisse et non-stop, dans le noir total dĂšs 8h30 du matin, Ă manger du concombre et des tranches de poulet parce quâil est pas question dâallumer quoi que ce soit qui puisse Ă©mettre de la chaleur.
Aujourdâhui je me suis rĂ©fugiĂ©e Ă la BNF pour un peu de fraĂźcheur et aussi pour sortir mes fesses de mon studio qui monte Ă 40 degrĂ©s oĂč jâai lâimpression que mon cerveau devient une soupe au point oĂč il mâest impossible de faire autre chose que de binger The Studio et Hacks (qui sont, pour le coup, tops). Mon congĂ©lateur est rempli de glaces Ă lâeau, mon frigo rempli dâeau, et mon lit parĂ© de serviettes mouillĂ©es pour un peu de fraĂźcheur et alterner entre ça et tremper mon t-shirt (pour le coup, ça marche pas mal, surtout pour aller dormir).
so meta, littéralement la news que vous lisez hehe
Mon plan pour les prochains jours dâenfer va ĂȘtre de squatter la bibliothĂšque (si jâarrive Ă pas arriver trempĂ©e dĂšs 9h du matin comme aujourdâhui, jâavoue jâai eu un peu honte, surtout que ma pâtite robe elle montre bieeeeen les traces de transpi, moi qui voulais faire une sorte de thĂ©rapie dâexposition pour mâen foutre du regard des autres et apprendre Ă avoir confiance en moi jâai tapĂ© fort dĂšs le dĂ©but) et les cinĂ©mas, parce que je peux ĂȘtre au frais ET mater des films, alerte bon plan bonjour.
Jâen viens donc au sujet rĂ©el de cette superbe missive (eh elle est tellement longue que câest presque une 2-en-1, mais quel super cadeau ohlala ; non je vais pas vous reparler de mon amour pour le cinĂ©ma, vous le connaissez que trop bien maintenant. Mais vu que ce week-end, câest le Printemps du cinĂ©ma, et que la chaleur ambiante draine les foules dans les salles obscures, et que pour ce retour flamboyant jâavais envie de faire un truc un peu pas prise de tĂȘte et fun parce quâil fait trop chaud pour se creuser la tĂȘte en lisant un mail, je voulais faire un top 3 de mes PIRES sĂ©ances de cinĂ©ma.
Celles qui mâont fait rager, qui ont pris le dessus sur le film en question pour incendier mentalement des gens. Câest marrant, câest lĂ©ger, et ça me fera ĂȘtre plus indulgente ce soir si quelquâun dĂ©gaine son tĂ©lĂ©phone avec la luminositĂ© au maximum pour voir lâheure (faites pas ça par pitiĂ©) et ça me remet en selle pour Motes. Deal ? De tout façon vous avez pas le choix, ça arrive juste lĂ . Hehe.
TOP 3 : LâĂźle aux chiens, Wes Anderson
Bon, dĂ©jĂ , le contexte Ă©tait un peu particulier. On est en 2018, Ă lâUGC Bercy, que je frĂ©quentais Ă©normĂ©ment. Ăa faisait bien un mois que jâĂ©tais pas retournĂ©e au cinĂ© (shocking), parce que je venais de me faire larguer et que jâallais pas bien. Mais quand un film de Wes Anderson sort, on sort de son trou. Je mâĂ©tais dit que câĂ©tait un peu le film parfait pour faire mon grand retour dans les salles obscures. Un de mes rĂ©alisateurs favoris, un film dâanimation en stop-motion, un casting de dingue, et des chiens.
La salle Ă©tait comble. JâĂ©tais un peu stressĂ©e et mal Ă lâaise, ça faisait un bail que je nâavais pas fait de cinĂ© en solo. JâĂ©tais un peu aux aguets, jâavais lâimpression de ne voir que des groupes de potes ou des couples. Mais tant pis, jâĂ©tais partie du principe quâil fallait relancer la machine, que jâallais pas me priver dâaller au cinĂ©ma, et que woohoo un film de Wes Anderson sur grand Ă©cran.
Puis dans le brouhaha gĂ©nĂ©ral qui se produit avant que le film commence, oĂč tout le monde discute et se raconte pĂ©pĂšre sa vie, une voix se distingue. Bien plus forte que les autres, bien plus pĂ©nible. Un peu nasillarde, un peu hautaine, avec un accent parisien, qui (pardon), Ă©tait exĂ©crable au bout de 15 secondes Ă lâentendre. Monsieur faisait un laĂŻus Ă ses comparses sur la nourriture au cinĂ©ma.
Lui, il ADORE manger devant les films, et au cinĂ©ma. Mais diantre, lâoffre proposĂ©e y est absolument infĂąme ! Qui pourrait donc bien vouloir manger des Maltesers, quand des amandes existent ? Alors, tel lâincroyable personne quâil est, il ramĂšne ses propres snacks au cinĂ©ma. Parce que câest plus simple, câest plus healthy, et ça fait bien plus plaisir. Sur le principe ok, mĂȘme si je pense que la salle entiĂšre se serait passĂ©e de lâentendre vanter les mĂ©rites des amandes pendant 5 minutes.
Mais jâai senti quâil y avait anguille sous roche quand, juste avant que le film ne commence, je lâai vu saisir son sac, le poser sur ses genoux et lâagripper comme si quelquâun allait vouloir sâen prendre Ă ses amandes.
dorénavant je vous hais
Le connard a attendu le dĂ©but du film pour ouvrir son paquet dâamandes qui fait du bruiiiiiiiit. Mais surtout, il en a proposĂ© Ă chacun de ses potes, trĂšs fort, tout en faisant bouger le sachet comme pour les appĂąter Ă cĂ©der. âTU VEUX UNE AMANDE ? NAN ? ET TOI TU VEUX UNE AMANDE ? CâEST HYPER BON POURTANT ! NAN ?â.
Les autres, visiblement gĂȘnĂ©s, rĂ©pondaient rapidement, ça y est merde le film commence tout le monde veut le regarder. Mais pas lui. Peut-ĂȘtre quâil faisait partie d'une secte oĂč il doit convertir tout le monde aux amandes et autres graines. Parce quâil avait pas fini.
âAh tâaimes pas les amandes ??? Nan mais attends, jâai plein dâautres trucs si tu veux !â. Puis a sorti, pendant lâintĂ©gralitĂ© du film (1h40), par intermittence pour pas que ses potes pĂštent (trop) un cĂąble, lâĂ©quivalent dâun Naturalia de son sac. Un par un, en prĂ©sentant chaque nouveau sachet comme dans une Ă©mission de tĂ©lĂ©achat, avec leurs bienfaits, leurs goĂ»ts. Des putains de noix de cajou, Ă moins que tu prĂ©fĂšres des abricots sĂ©chĂ©s ? Sinon ah si tu veux jâai des graines de tournesols salĂ©es, jâadore moi je trouve ça super. Ou des pistaches ? Tu prĂ©fĂšres les pistaches ?
Et puis vu quâil parlait fort et non-stop, ça a autorisĂ© les autres Ă penser quâen fait câĂ©tait un cinĂ©-cafĂ© oĂč tout le monde papote et check son tĂ©lĂ©phone pendant le film. Mais lĂ oĂč jâai cru mourir de lâintĂ©rieur, câest quâaprĂšs avoir sorti moult sachets de son sac, aprĂšs avoir essuyĂ© un refus Ă chaque fois par tous ses potes , il avait pas fini. Il a sorti sa botte secrĂšte. âOH PUTAIN mais jâavais oubliĂ©, jâai fait des gĂąteaux secs aux amandes !!!â
Et lĂ , se met Ă fouiller comme un dĂ©ratĂ© son sac, pour en sortir une boule dâaluminium. De lâalu. Qui fait du bruit. Au cinĂ©ma. Et bien sĂ»r il met trois plombes Ă lâouvrir, puis en prend un, puis le referme. Mais oh non, il a oubliĂ© dâen proposer. Alors il lâouvre encore, et câest parti pour la mĂȘme rengaine. âTâen veux ?? Câest aussi aux amandes mais câest des gĂąteaux ! Câest moi qui les ai faits. Nan ? Tâes sĂ»r ? Câest aux amandes heinâ. Puis referme la boule.
Mais vu quâil est vexĂ© que personne ne veuille de ses gĂąteaux, sa vengeance sera terrible. Il va les manger tous. Tout seul. Un par un. En ouvrant et en fermant cette boule dâaluminium. 6 fois. Et quand les lumiĂšres se sont rallumĂ©es, il a sorti cette phrase magique : âJâai un peu mal au ventreâ.
TOP 2 : American Bluff, David O. Russell
Cette sĂ©ance-lĂ a longtemps Ă©tĂ© premiĂšre du classement. On est en 2014, jâai 16 ans, ma mĂšre vient de me dĂ©poser Ă Dinan pour que jâaille voir ce film que jâattendais et qui ne passe en VO quâune seule fois, le samedi Ă 17h00, et dans la ville dâĂ cĂŽtĂ© (câest quand mĂȘme 25 minutes de route, merci maman). DĂ©jĂ , sans surprise au vu de lâheure et de lâendroit : câest QUE DES VIEUX. Câest rĂ©guliĂšrement le cas, surtout pour les films en VO, surtout en aprĂšs-midi, surtout Ă Dinan. AprĂšs, y a vieux et vieux.
La salle nâĂ©tait pas trĂšs remplie, voire vide. Jâavais pu choisir la place parfaite. Au milieu de la salle, milieu de la rangĂ©e (pro tip : câest lĂ que les ingĂ©s son se mettent pour leurs balances, donc gĂ©nĂ©ralement lâendroit parfait pour pas vous niquer les tympans ou rien entendre).
La salle est tout de mĂȘme grande, câest la plus grande du cinĂ©ma. Des places vides partout. Puis un couple de vieux (vieux vieux) arrive, et sâinstalle. Ă cĂŽtĂ© de moi. Mais pas en laissant au moins un siĂšge dâĂ©cart par confort pour eux et moi, non non, JUSTE Ă cĂŽtĂ©. Ils sâaffalent, ou plutĂŽt tombent sur leurs siĂšges. Se dĂ©gage alors une odeur de parfum vraiment entĂȘtante, trĂšs forte. Les parfums de vieux, plein de cologne et de je-sais-pas-quoi-ils-mettent-dedans-pour-que-ça-sente-autant-et-pas-bon.
Puis vient la traditionnelle discussion, comme plus haut, pour meubler avant les bandes-annonces et le film. Lâambiance de la conversation. Madame fait part Ă Monsieur (qui est son pote et pas son compagnon) quâelle a tout prĂ©vu pour ses funĂ©railles, parce que son fils est trop con pour faire la diffĂ©rence entre deux couleurs de marbre pour la tombe et quâelle lui fait pas confiance.
Et lui raconte quâil a des gros problĂšmes aux genoux (dâoĂč, jâimagine, le fait de se laisser tomber sur son siĂšge), quâil peut pas aller tout seul aux toilettes, et donc Ă©videmment il demande de lâaide Ă sa femme de mĂ©nage, mais celle-ci sâest rĂ©voltĂ©e et refuse parce que câest pas son travail, mais que pour lui ça lui semble idiot de payer une aide Ă domicile âjuste pour chierâ, et que la pauvre femme de mĂ©nage va âdevoir sây faireâ.
Puis quand le film commence, stupĂ©faction (non) : ils sâarrĂȘtent pas de parler. Mais leur conversation diminue un petit peu et se remplace par des commentaires sur le film. Et ohlala, quâest-ce que câest magistral. Jâen ai ragĂ© sur le moment comme pas possible, et jâĂ©tais trop dĂ©bile pour ne pas changer de place alors quâil y avait clairement la possibilitĂ© pour mâĂ©pargner et passer un bon moment (jâavais la MEILLEURE, comprenez-moi, et jâosais pas me lever pendant le film).
Ils commentent tout. Les tenues, lâaction, les dialogues, les expressions faciales des acteurs, et se font des tunnels tout seuls. âOh elle est jolie la robe lĂ . Jâen avais une pareille, et je lâavais mise chez Thierry. Si tu sais, celui avec le bateau. Câest un con. Mais oh on avait bien mangĂ©. Belle robe, hein. La mienne est pas vraiment comme ça, elle est quand mĂȘme plus classe, les dĂ©colletĂ©s comme ça, non mais ça va pas heinâ.
La dame sâexclame trĂšs, trĂšs fort : âOH ! CâEST VIRGINIE EFFIRA ! Eh ben elle a grossiâ. Il sâagissait bien sĂ»r de Jennifer Lawrence. Quand câest au tour de Robert De Niro de faire son apparition dans le film, elle renchĂ©rit âOH ! WOODY ALLEN ! Ăa fait longtemps quâon le voit plus jouer lui !! Ah il est beau, hein. Je lâadoreâ. Tu mâĂ©tonnes Francine, tu mâĂ©tonnes.
alors alors ? c'est qui ?
Puis ça continue avec les commentaires sur les autres robes et chemises, si elles sont belles ou moches, que quand elle pleure elle est pas belle, câest trop de maquillage, oh le gros plein de soupe dis donc, ils boivent beaucoup, la musique est trop forte, les sous-titres vont trop vite, outre les ils font quoi lĂ ? il a dit quoi lĂ ? ça veut dire quoi ? Oooh la jolie voitureâ, ils continuent de raconter leurs vies. Alors dans un Ă©lan de courage et de charisme inouĂŻ, jâai eu la bravoure de les fixer trĂšs mĂ©chamment et de faire CHUT. Mais câest des vieux, ils voient rien. Alors ils ont dit : âAh oui, elle a raison de faire chut, ceux de derriĂšre sont trop bruyantsâ.
AprĂšs un peu plus de deux heures en agonie, les lumiĂšres se sont rallumĂ©es. Ils sâempressent de se lever, elle tient fermement son sac. Moi jâai besoin dâun petit temps pour me remettre de cette affreuse sĂ©ance, alors je bouge pas encore. Ils sortent de la rangĂ©e de siĂšges (totalement vide Ă part eux et moi). Et la dame sâexclame trĂšs fort : âEh ben jâai rien compris !â.
Je crois que jâai ri nerveusement, jâa cru que mon cerveau allait exploser. Ma mĂšre mâattendait sur le parking, je lui ai racontĂ© Ă quel point ils Ă©taient chiants, et jâai plus jamais revu ce film, Ă jamais associĂ© Ă ces deux vieux.
Avant de passer au top 1, je voulais faire une petite mention spĂ©ciale aux sĂ©ances un peu zinzins qui ne font pas partie de ce classement et qui me viennent en tĂȘte : celle de Vice Versa, coupĂ©e en plein milieu du film Ă cause dâune panne dâĂ©lectricitĂ© suite Ă un incendie, celle de Saint Laurent oĂč toutes les dames portaient du Saint-Laurent et sâen sont vantĂ©es auprĂšs du rĂ©alisateur trĂšs mal Ă lâaise, celle de Tout ce qui me reste de la rĂ©volution, qui Ă©tait tellement Ă chier que je suis sortie de la salle (ce que je fais vraiment trĂšs, trĂšs rarement), celle du Monde de Ralph 2, oĂč une petite fille avec sa grand-mĂšre ont eu peur de se mettre dans la mĂȘme rangĂ©e que moi parce que âcâest sĂ»rement une personne mal intentionnĂ©e pour venir voir ce film Ă son Ăąge" (jâavais 21 ans et envie de pleurer).
Celle dont je me souviens plus du film mais oĂč la dame Ă cĂŽtĂ© de moi a dĂ©cidĂ© dâenlever ses chaussures et Ă©tait visiblement frustrĂ©e que quelquâun soit assis devant elle, sinon elle y aurait posĂ© ses panards tranquille, celle de The Jane Doe Identity, oĂč il y avait tellement de screamers et de jumpscares que jâĂ©tais quasiment en position fĆtale et dans le sens inverse de mon siĂšge pour me cacher, tout en riant dâĂ quel point le film est naze. Celle de Django Unchained oĂč deux mecs ont tentĂ© de draguer CHAQUE fille prĂ©sente de la salle, en se mettant Ă cĂŽtĂ©, Ă fixer, essayer de parler, puis partir, au point oĂč ils se sont cassĂ©s de la salle au vu des moult refus quâils se sont pris. CâĂ©tait vraiment 8 euros trĂšs mal rentabilisĂ©s. Et qui fait ça ???
TOP 1 : Dune, Denis Villeneuve
Le vainqueur depuis 2021. Celui qui mâa fait ne pas vouloir voir la suite alors que je savais pertinemment que ça allait ĂȘtre bien, ni de revoir celui-ci avant de capituler rĂ©cemment. Câest Dune, câest Denis Villeneuve aux commandes, merde quoi. CâĂ©tait donc pendant ma pĂ©riode Ă Londres, au cinĂ©ma Odeon Luxe Putney, proche de mon logement solo aprĂšs lâenfer de la coloc.
Il Ă©tait Luxe parce que les fauteuils Ă©taient en cuir, inclinables au point dâĂȘtre quasiment allongĂ©, jambes surĂ©levĂ©es, et avec une petite tablette avec porte-gobelet inclus qui elle aussi bouge pour ĂȘtre sur le cĂŽtĂ© ou faire office de table pour poser ses affaires/manger, et manger des gigas nachos au fromage, des hot dogs et milkshakes ou des maxi pots de popcorn (jâavoue câĂ©tait trĂšs cool) (Monsieur aux amandes lĂ serait vraiment pas content).
Le contexte, au vu de lâĂ©poque, est pas fou. On est en 2021, en plein covid. Ici les salles de cinĂ©ma sont de nouveau ouvertes, elles sont dĂ©sertĂ©es tout de mĂȘme mais tant mieux, gĂ©nĂ©ralement lâexpĂ©rience nâest que meilleure. Quand on rĂ©serve sa place, elle bloque automatiquement les deux siĂšges Ă gauche et Ă droite Ă cĂŽtĂ© de celui choisi (paradisiaque selon moi).
Il faut porter un masque, et la distance de sĂ©curitĂ© est donc Ă peu prĂšs respectĂ©e avec ces deux siĂšges de part et dâautre du mien obligatoirement vide. Je pensais ĂȘtre carrĂ©ment tranquille dans ces conditions. Le masque mâembĂȘte un peu Ă cause de mes lunettes, mais si je suis bien calme et que je respire tranquillement, ça fait pas de buĂ©e.
La sĂ©ance est en semaine Ă 14h00. Il nây avait que trĂšs peu de monde, on devait ĂȘtre cinq, dispatchĂ©s dans lâentiĂšretĂ© de la salle. JâĂ©tais bien, posĂ©e, au top, Ă lâaise, tranquille.
alors oui c'est moche mais ce confooooort
Quand soudain.
Vers la fin des bandes-annonces, un couple, avec leur seau de popcorn plus gros que leurs tĂȘtes combinĂ©es, sâassoit Ă un siĂšge du mien (on avait dit deux dâĂ©cart !!!!!). Jâai compris que jâallais en chier, et jâĂ©tais terrorisĂ©e Ă lâidĂ©e de choper le covid (mini spoiler quand-mĂȘme, je lâai pas eu).
Parce que non seulement, mais lĂ Ă ce stade câest habituel, ça parle pendant le film, mais ce pop-corn, ce foutu seau de pop-corn, il est pas mangĂ© comme toute personne normale est censĂ©e le faire. Ou comme moi Ă en dĂ©vorer le plus possible quand y a les scĂšnes dâaction bien bruyantes, puis quasi plus rien dĂšs que câest trĂšs contemplatif ou silencieux, Ă attendre que le popcorn fonde dans la bouche pour pas faire un gros bruit de mĂąchoire. Nooooon.
Non, ce seau de popcorn lĂ , il est mangĂ© un par un. Ă un rythme presque rĂ©gulier. Et dâune lenteur sidĂ©rale. Et la bouche ouverte, bien sĂ»r. Au point quâon entend au ralenti le popcorn ĂȘtre Ă©crasĂ© par ses dents puis mĂąchĂ© leeeeeeeentement, mais la bouche ouverte. Je pense que le paresseux dans Zootopie serait plus rapide quâelle Ă manger son popcorn.
Mais peut-ĂȘtre vous demandez-vous : mais enfin comment est-ce possible de manger un popcorn avec un masque ? Nâayez crainte, car pour un maximum de plaisir, ils ont enlevĂ© complĂštement leurs masques Ă la minute oĂč ils se sont assis et relevĂ© leurs jambes.
Et vu que câest hyper chiant et que jâessaie de garder mon calme mais que jây arrive pas, je vois que la moitiĂ© de lâĂ©cran Ă cause de la buĂ©e partout, et jâai une espĂšce de torture sonore Ă cĂŽtĂ© de moi qui me sort complĂštement du film parce que câest pas une maniĂšre humaine de manger du popcorn, et ça prend le dessus sur le son des dialogues et par consĂ©quent, quand TimothĂ©e Chalamet fait que marmonner ses lignes de dialogue, que y a pas de sous-titres et que jâentends du crunch Ă la place de sa voix, je comprends plus rien.
Jâai donc fait ce que je nâavais jamais fait auparavant : jâai changĂ© de place. Deux fois. En les fixant bien mĂ©chamment dans lâespoir quâils se sentent mal. Eh ben, vraiment, quand je me suis dĂ©placĂ©e, elle a commencĂ© Ă manger encore plus bruyamment, ça mâa fait pĂ©ter un cĂąble. Mais vu que je suis faible, jâai rien dit.
Ă la sortie, jâavais bien sĂ»r quâune envie, câĂ©tait de les incendier, je suis partie Ă toute vitesse tellement jâĂ©tais Ă©nervĂ©e, je les ai fixĂ©s et je les ai insultĂ©s. Mais en français, parce que je voulais pas la bagarre. Et plutĂŽt trĂšs bas, si jamais ils comprenaient le français. Et pas trop mĂ©chamment parce que ça voulait pas sortir. Alors il y a eu un murmure de âhan lala mais les gens quoiâ et peut-ĂȘtre mĂȘme accompagnĂ© dâun roulement de yeux pour Ă©viter de vraiment les regarder. ApprĂ©ciez ce charisme monumental.
prochaine fois qu'on me saoule je fais pew pew comme lui (c'est Woody Allen)
En attendant, jâespĂšre que jâen aurai pas des pires. Dune 3 sort en fin dâannĂ©e, tout le monde se rue dans les salles voir les films (et câest tant mieux) pour lutter contre la chaleur. Faites-le aussi si vous le pouvez, dĂ©jĂ câest fun, il fait bon, et il y a toujours un film qui vaut la peine dâĂȘtre dĂ©couvert. Pour ma part je fonce tout Ă lâheure voir Jim Queen et jâhĂ©site encore Ă voir Obsession parce que je suis une giga flippette mais il a lâair plutĂŽt sympa. Et pour une fois je vais moins Ă reculons pour voir les films de 2h40, câest un bon point pour la canicule.
Ă la prochaine,
Ăa vous a plu ?
Si ça vous a plu, relisez, partagez et parlez-en autour de vous avant de supprimer cet email de votre boite de rĂ©ception Ă jamais (vous inquiĂ©tez pas je mâen remettrai) (non)
Eh je vous ai dit que jâĂ©tais sur Instagram ? Et que normalement y aurait sous peu un peu plus dâactivitĂ©s dessus ? Nan ? Ben je vous le dis. Et bim.
Bu-bye !
