🍿 La sĂ©ance

j'espÚre que le frisson que vous a donné cette notif dans vos mails vous a un peu rafraßchi

Motes
12 min ⋅ 25/06/2026

Heeeeeeeeey !

Comment ça va ? Ça va bien ? Ça fait longtemps, non ? (un peu quand mĂȘme)

Il s’en est passĂ© des choses depuis la derniĂšre newsletter. Je vais tenter de faire un petit rĂ©sumĂ©.

PREVIOUSLY IN LA VIE DE MORGANE (c’est pour que ce soit un peu fun) :

La derniĂšre fois que j’étais dans votre boĂźte mail, c’était pour mon anniversaire (youpi) Ă  SĂ©ville (YOUPI). Eh ben je confirme grandement, c’était superbe. Magnifique. Une ville haute en couleurs, qui fait du bien Ă  tous les sens et dĂ©payse. Je me suis rĂ©galĂ©e, autant visuellement, culturellement que gustativement, j’ai adorĂ© pouvoir sentir les fleurs d’orangers un peu partout dans la ville, dĂ©couvrir des palais mudĂ©jars magnifiques dont certains semblaient complĂštement cachĂ©s. Le spectacle de flamenco m’a laissĂ© bouche bĂ©e. Je repense encore au bruit sourd de chaque pas sur le plancher, Ă  la force des sentiments exprimĂ©s au travers des corps, Ă  toute vitesse, avec une Ă©nergie et une sensualitĂ© folle.

La halte d’une journĂ©e Ă  Cordoue a Ă©tĂ© aussi gĂ©niale, avec surtout la Mezquita, temple romain puis basilique puis mosquĂ©e puis cathĂ©drale, le tout cohabitant encore aujourd’hui, qui donne donc un lieu unique et singulier, lui aussi Ă  couper le souffle. On a par contre, comme beaucoup d’autres, Ă©tĂ© trĂšs perplexes puis hilares Ă  l’entente d’une musique au violon, qui ressemblait beaucoup Ă  L’amour brille sous les Ă©toiles du Roi Lion, avant de se rendre compte que c’était bel et bien ça, et qu’elle Ă©tait jouĂ©e tout au fond de la Mezquita, dans une des chapelles, oĂč avait lieu un mariage, et dont le rite de la communion Ă©tait rythmĂ© par Elton John version violon. En bref, c’était un trĂšs beau voyage, un anniversaire rĂ©ussi, et plein de souvenirs supplĂ©mentaires Ă  chĂ©rir.

eh non, pas de paysages, mais un milhojas de zinzineh non, pas de paysages, mais un milhojas de zinzin

Quoi d’autre ? Je me suis remis au sport de maniĂšre plutĂŽt rĂ©guliĂšre (sauf lĂ  en pĂ©riode d’énorme canicule, faut pas dĂ©conner, mĂȘme s’il fait plus frais dans la salle de sport que dehors j’ai pas envie de mourir en legging). Je me suis mĂȘme mise Ă  faire de la muscu ! J’ai mon petit planning d’exercices que je suis, je tracke mes progrĂšs, je deviens une tueuse au leg press mais je reste archi nulle pour tout ce qui est des bras, au point oĂč je me suis niquĂ© un coude et que le deuxiĂšme commence lui aussi Ă  ĂȘtre sensible vu que je compense un peu comme une bĂ©casse (oups).

TrĂšs intimidant au dĂ©but, parce que j’y vois pour la majoritĂ© du temps que des gros bonhommes qui lĂąchent trĂšs fort les Ă©quipements en grognant et puis font les cents pas en attendant d’enchaĂźner leurs sets, et qui font tout ça trĂšs vite et trĂšs bruyamment parce que faut un peu prouver qui est le plus fort de la salle. Mais je commence Ă  bien aimer ! C’est dĂ©jĂ  plus fun que de fixer un tapis de marche pendant 45 minutes, et un peu plus gratifiant parce que je vois quelques progrĂšs.

Et quand c’est pas à la salle de sport, j’en fais chez moi, en alternant entre du renforcement musculaire et un peu de pilates. Pas mal, nan ?

Il y a eu aussi pleins de petites choses cool : entre les expos ça et lĂ , ma premiĂšre manif Ă  Paris, retrouver 53 balles sur mon compte Lydia que j’avais complĂštement oubliĂ© et qui me seraient passĂ©s sous le nez s’ils avaient pas envoyĂ© un mail pour me dire que si je continuais Ă  ĂȘtre inactive ils allaient me prendre 3 euros par mois et que de seum j’ai tout rĂ©installĂ© pour pouvoir dĂ©sactiver mon compte et de ce fait dĂ©couvrir ce sĂ©same (la journĂ©e ne peut que ĂȘtre bonne aprĂšs ça), assister Ă  mon premier mariage et revoir toute ma famille et c’était absolument super, faire mon premier bain de l’annĂ©e dans de l’eau Ă  13 degrĂ©s (j’ai douillĂ© sur le moment mais marrant, sous 38 degrĂ©s lĂ  je regrette un peu ce temps dĂ©licieux), il y a surtout eu un gros changement : j’ai dĂ©missionnĂ©.

OUI ! Je suis enfin partie. Depuis bientĂŽt un mois, je ne suis plus hĂŽtesse d’accueil. Et ça fait du bien. DĂ©jĂ  au moral, de plus avoir Ă  ĂȘtre dans le mĂȘme uniforme tous les jours, ni de me rĂ©veiller Ă  6h30, d’attendre infiniment un bus qui arrive “dans 4 minutes” depuis 15 minutes, de plus avoir Ă  dire bonjour approximativement 87 fois dans une matinĂ©e ni de devoir ĂȘtre sur une retenue maximale dĂšs qu’un con se prĂ©sente ou parle extrĂȘmement mal.

Mais surtout, surtout surtout, c’est que je peux enfin me consacrer pleinement au freelance, et qu’il va falloir que je m’habitue Ă  le dire aux gens au lieu de paniquer quand on me demande ce que je fais. Je me lance comme freelance dans la stratĂ©gie Ă©ditoriale et dans la rĂ©daction.

J’aime bien parce que ça fait sĂ©rieux et un peu stylĂ© (oups). J’ai lancĂ© mon petit site web (je le soft launch ici, c’est mobuski.com allez donc jeter un oeil hihi), je prĂ©pare un petit plan d’attaque pour occuper davantage d’espace sur les rĂ©seaux (bientĂŽt Mobuski sur Insta et Tiktok si tout se passe bien). J’ai envoyĂ© mes premiers mails avec mon adresse pro, la jolie signature avec mon site web, ma newsletter (of course) et mon logo, eh ben ça fait quelque chose.

regardeeeeeeeez regardeeeeeeeez

Petit Ă  petit, je prends le dessus sur ma peur de me lancer. C’est pas simple, ça reste effrayant, j’ai trĂšs peur de me rater ou d’ĂȘtre ridicule (comme d’hab en fait, ces peurs-lĂ  rythment un peu trop ma vie), mais faut y aller, sinon je sens que je vais regretter. Et s’il y a bien une chose qui me terrifie, c’est l’idĂ©e de passer Ă  cĂŽtĂ© de ma vie. De me rĂ©veiller Ă  47 ans et me dire merde, en fait j’aurais dĂ» faire ça. D’ĂȘtre bloquĂ©e dans une vie que je veux pas.

Alors certes, lĂ  en ce moment c’est pas le plus confortable (dĂ©mission = pas de thunes, woohoo), je le sens que je suis intimidĂ©e, mais y a de l’enjeu, et ça fait un moment que j’en avais plus. Et c’est qu’une phase. Ça n’ira que vers le meilleur, progressivement, doucement, peut-ĂȘtre plus doucement que ce que j’aimerais, mais il est grand temps de m’activer pour faire prĂ©cisĂ©ment ce que je veux et avancer concrĂštement vers mes objectifs.

VoilĂ , on a fait un joli petit rĂ©cap des 2/3 mois derniers. On peut revenir au moment prĂ©sent, oĂč tout le monde nage dans sa propre sueur et cherche dĂ©sespĂ©rĂ©ment un brin de fraĂźcheur dans cette horrible canicule. Pour l’instant j’en suis Ă  5 voire 6 douches par jour, j’ai abandonnĂ© mon canapĂ© vert foncĂ© en velours pour me rĂ©fugier principalement sur mon lit tout blanc, le ventilateur Ă  fond la caisse et non-stop, dans le noir total dĂšs 8h30 du matin, Ă  manger du concombre et des tranches de poulet parce qu’il est pas question d’allumer quoi que ce soit qui puisse Ă©mettre de la chaleur.

Aujourd’hui je me suis rĂ©fugiĂ©e Ă  la BNF pour un peu de fraĂźcheur et aussi pour sortir mes fesses de mon studio qui monte Ă  40 degrĂ©s oĂč j’ai l’impression que mon cerveau devient une soupe au point oĂč il m’est impossible de faire autre chose que de binger The Studio et Hacks (qui sont, pour le coup, tops). Mon congĂ©lateur est rempli de glaces Ă  l’eau, mon frigo rempli d’eau, et mon lit parĂ© de serviettes mouillĂ©es pour un peu de fraĂźcheur et alterner entre ça et tremper mon t-shirt (pour le coup, ça marche pas mal, surtout pour aller dormir).

so meta, littéralement la news que vous lisez heheso meta, littéralement la news que vous lisez hehe

Mon plan pour les prochains jours d’enfer va ĂȘtre de squatter la bibliothĂšque (si j’arrive Ă  pas arriver trempĂ©e dĂšs 9h du matin comme aujourd’hui, j’avoue j’ai eu un peu honte, surtout que ma p’tite robe elle montre bieeeeen les traces de transpi, moi qui voulais faire une sorte de thĂ©rapie d’exposition pour m’en foutre du regard des autres et apprendre Ă  avoir confiance en moi j’ai tapĂ© fort dĂšs le dĂ©but) et les cinĂ©mas, parce que je peux ĂȘtre au frais ET mater des films, alerte bon plan bonjour.

J’en viens donc au sujet rĂ©el de cette superbe missive (eh elle est tellement longue que c’est presque une 2-en-1, mais quel super cadeau ohlala ; non je vais pas vous reparler de mon amour pour le cinĂ©ma, vous le connaissez que trop bien maintenant. Mais vu que ce week-end, c’est le Printemps du cinĂ©ma, et que la chaleur ambiante draine les foules dans les salles obscures, et que pour ce retour flamboyant j’avais envie de faire un truc un peu pas prise de tĂȘte et fun parce qu’il fait trop chaud pour se creuser la tĂȘte en lisant un mail, je voulais faire un top 3 de mes PIRES sĂ©ances de cinĂ©ma.

Celles qui m’ont fait rager, qui ont pris le dessus sur le film en question pour incendier mentalement des gens. C’est marrant, c’est lĂ©ger, et ça me fera ĂȘtre plus indulgente ce soir si quelqu’un dĂ©gaine son tĂ©lĂ©phone avec la luminositĂ© au maximum pour voir l’heure (faites pas ça par pitiĂ©) et ça me remet en selle pour Motes. Deal ? De tout façon vous avez pas le choix, ça arrive juste lĂ . Hehe.

TOP 3 : L’üle aux chiens, Wes Anderson

Bon, dĂ©jĂ , le contexte Ă©tait un peu particulier. On est en 2018, Ă  l’UGC Bercy, que je frĂ©quentais Ă©normĂ©ment. Ça faisait bien un mois que j’étais pas retournĂ©e au cinĂ© (shocking), parce que je venais de me faire larguer et que j’allais pas bien. Mais quand un film de Wes Anderson sort, on sort de son trou. Je m’étais dit que c’était un peu le film parfait pour faire mon grand retour dans les salles obscures. Un de mes rĂ©alisateurs favoris, un film d’animation en stop-motion, un casting de dingue, et des chiens.

La salle Ă©tait comble. J’étais un peu stressĂ©e et mal Ă  l’aise, ça faisait un bail que je n’avais pas fait de cinĂ© en solo. J’étais un peu aux aguets, j’avais l’impression de ne voir que des groupes de potes ou des couples. Mais tant pis, j’étais partie du principe qu’il fallait relancer la machine, que j’allais pas me priver d’aller au cinĂ©ma, et que woohoo un film de Wes Anderson sur grand Ă©cran.

Puis dans le brouhaha gĂ©nĂ©ral qui se produit avant que le film commence, oĂč tout le monde discute et se raconte pĂ©pĂšre sa vie, une voix se distingue. Bien plus forte que les autres, bien plus pĂ©nible. Un peu nasillarde, un peu hautaine, avec un accent parisien, qui (pardon), Ă©tait exĂ©crable au bout de 15 secondes Ă  l’entendre. Monsieur faisait un laĂŻus Ă  ses comparses sur la nourriture au cinĂ©ma.

Lui, il ADORE manger devant les films, et au cinĂ©ma. Mais diantre, l’offre proposĂ©e y est absolument infĂąme ! Qui pourrait donc bien vouloir manger des Maltesers, quand des amandes existent ? Alors, tel l’incroyable personne qu’il est, il ramĂšne ses propres snacks au cinĂ©ma. Parce que c’est plus simple, c’est plus healthy, et ça fait bien plus plaisir. Sur le principe ok, mĂȘme si je pense que la salle entiĂšre se serait passĂ©e de l’entendre vanter les mĂ©rites des amandes pendant 5 minutes.

Mais j’ai senti qu’il y avait anguille sous roche quand, juste avant que le film ne commence, je l’ai vu saisir son sac, le poser sur ses genoux et l’agripper comme si quelqu’un allait vouloir s’en prendre à ses amandes.

dorénavant je vous haisdorénavant je vous hais

Le connard a attendu le dĂ©but du film pour ouvrir son paquet d’amandes qui fait du bruiiiiiiiit. Mais surtout, il en a proposĂ© Ă  chacun de ses potes, trĂšs fort, tout en faisant bouger le sachet comme pour les appĂąter Ă  cĂ©der. “TU VEUX UNE AMANDE ? NAN ? ET TOI TU VEUX UNE AMANDE ? C’EST HYPER BON POURTANT ! NAN ?”.

Les autres, visiblement gĂȘnĂ©s, rĂ©pondaient rapidement, ça y est merde le film commence tout le monde veut le regarder. Mais pas lui. Peut-ĂȘtre qu’il faisait partie d'une secte oĂč il doit convertir tout le monde aux amandes et autres graines. Parce qu’il avait pas fini.

“Ah t’aimes pas les amandes ??? Nan mais attends, j’ai plein d’autres trucs si tu veux !”. Puis a sorti, pendant l’intĂ©gralitĂ© du film (1h40), par intermittence pour pas que ses potes pĂštent (trop) un cĂąble, l’équivalent d’un Naturalia de son sac. Un par un, en prĂ©sentant chaque nouveau sachet comme dans une Ă©mission de tĂ©lĂ©achat, avec leurs bienfaits, leurs goĂ»ts. Des putains de noix de cajou, Ă  moins que tu prĂ©fĂšres des abricots sĂ©chĂ©s ? Sinon ah si tu veux j’ai des graines de tournesols salĂ©es, j’adore moi je trouve ça super. Ou des pistaches ? Tu prĂ©fĂšres les pistaches ?

Et puis vu qu’il parlait fort et non-stop, ça a autorisĂ© les autres Ă  penser qu’en fait c’était un cinĂ©-cafĂ© oĂč tout le monde papote et check son tĂ©lĂ©phone pendant le film. Mais lĂ  oĂč j’ai cru mourir de l’intĂ©rieur, c’est qu’aprĂšs avoir sorti moult sachets de son sac, aprĂšs avoir essuyĂ© un refus Ă  chaque fois par tous ses potes , il avait pas fini. Il a sorti sa botte secrĂšte. “OH PUTAIN mais j’avais oubliĂ©, j’ai fait des gĂąteaux secs aux amandes !!!”

Et lĂ , se met Ă  fouiller comme un dĂ©ratĂ© son sac, pour en sortir une boule d’aluminium. De l’alu. Qui fait du bruit. Au cinĂ©ma. Et bien sĂ»r il met trois plombes Ă  l’ouvrir, puis en prend un, puis le referme. Mais oh non, il a oubliĂ© d’en proposer. Alors il l’ouvre encore, et c’est parti pour la mĂȘme rengaine. “T’en veux ?? C’est aussi aux amandes mais c’est des gĂąteaux ! C’est moi qui les ai faits. Nan ? T’es sĂ»r ? C’est aux amandes hein”. Puis referme la boule.

Mais vu qu’il est vexĂ© que personne ne veuille de ses gĂąteaux, sa vengeance sera terrible. Il va les manger tous. Tout seul. Un par un. En ouvrant et en fermant cette boule d’aluminium. 6 fois. Et quand les lumiĂšres se sont rallumĂ©es, il a sorti cette phrase magique : “J’ai un peu mal au ventre”.

TOP 2 : American Bluff, David O. Russell

Cette sĂ©ance-lĂ  a longtemps Ă©tĂ© premiĂšre du classement. On est en 2014, j’ai 16 ans, ma mĂšre vient de me dĂ©poser Ă  Dinan pour que j’aille voir ce film que j’attendais et qui ne passe en VO qu’une seule fois, le samedi Ă  17h00, et dans la ville d’à cĂŽtĂ© (c’est quand mĂȘme 25 minutes de route, merci maman). DĂ©jĂ , sans surprise au vu de l’heure et de l’endroit : c’est QUE DES VIEUX. C’est rĂ©guliĂšrement le cas, surtout pour les films en VO, surtout en aprĂšs-midi, surtout Ă  Dinan. AprĂšs, y a vieux et vieux.

La salle n’était pas trĂšs remplie, voire vide. J’avais pu choisir la place parfaite. Au milieu de la salle, milieu de la rangĂ©e (pro tip : c’est lĂ  que les ingĂ©s son se mettent pour leurs balances, donc gĂ©nĂ©ralement l’endroit parfait pour pas vous niquer les tympans ou rien entendre).

La salle est tout de mĂȘme grande, c’est la plus grande du cinĂ©ma. Des places vides partout. Puis un couple de vieux (vieux vieux) arrive, et s’installe. À cĂŽtĂ© de moi. Mais pas en laissant au moins un siĂšge d’écart par confort pour eux et moi, non non, JUSTE Ă  cĂŽtĂ©. Ils s’affalent, ou plutĂŽt tombent sur leurs siĂšges. Se dĂ©gage alors une odeur de parfum vraiment entĂȘtante, trĂšs forte. Les parfums de vieux, plein de cologne et de je-sais-pas-quoi-ils-mettent-dedans-pour-que-ça-sente-autant-et-pas-bon.

Puis vient la traditionnelle discussion, comme plus haut, pour meubler avant les bandes-annonces et le film. L’ambiance de la conversation. Madame fait part Ă  Monsieur (qui est son pote et pas son compagnon) qu’elle a tout prĂ©vu pour ses funĂ©railles, parce que son fils est trop con pour faire la diffĂ©rence entre deux couleurs de marbre pour la tombe et qu’elle lui fait pas confiance.

Et lui raconte qu’il a des gros problĂšmes aux genoux (d’oĂč, j’imagine, le fait de se laisser tomber sur son siĂšge), qu’il peut pas aller tout seul aux toilettes, et donc Ă©videmment il demande de l’aide Ă  sa femme de mĂ©nage, mais celle-ci s’est rĂ©voltĂ©e et refuse parce que c’est pas son travail, mais que pour lui ça lui semble idiot de payer une aide Ă  domicile “juste pour chier”, et que la pauvre femme de mĂ©nage va “devoir s’y faire”.

Puis quand le film commence, stupĂ©faction (non) : ils s’arrĂȘtent pas de parler. Mais leur conversation diminue un petit peu et se remplace par des commentaires sur le film. Et ohlala, qu’est-ce que c’est magistral. J’en ai ragĂ© sur le moment comme pas possible, et j’étais trop dĂ©bile pour ne pas changer de place alors qu’il y avait clairement la possibilitĂ© pour m’épargner et passer un bon moment (j’avais la MEILLEURE, comprenez-moi, et j’osais pas me lever pendant le film).

Ils commentent tout. Les tenues, l’action, les dialogues, les expressions faciales des acteurs, et se font des tunnels tout seuls. “Oh elle est jolie la robe lĂ . J’en avais une pareille, et je l’avais mise chez Thierry. Si tu sais, celui avec le bateau. C’est un con. Mais oh on avait bien mangĂ©. Belle robe, hein. La mienne est pas vraiment comme ça, elle est quand mĂȘme plus classe, les dĂ©colletĂ©s comme ça, non mais ça va pas hein”.

La dame s’exclame trĂšs, trĂšs fort : “OH ! C’EST VIRGINIE EFFIRA ! Eh ben elle a grossi”. Il s’agissait bien sĂ»r de Jennifer Lawrence. Quand c’est au tour de Robert De Niro de faire son apparition dans le film, elle renchĂ©rit “OH ! WOODY ALLEN ! Ça fait longtemps qu’on le voit plus jouer lui !! Ah il est beau, hein. Je l’adore”. Tu m’étonnes Francine, tu m’étonnes.

alors alors ? c'est qui ?alors alors ? c'est qui ?

Puis ça continue avec les commentaires sur les autres robes et chemises, si elles sont belles ou moches, que quand elle pleure elle est pas belle, c’est trop de maquillage, oh le gros plein de soupe dis donc, ils boivent beaucoup, la musique est trop forte, les sous-titres vont trop vite, outre les ils font quoi lĂ  ? il a dit quoi lĂ  ? ça veut dire quoi ? Oooh la jolie voiture”, ils continuent de raconter leurs vies. Alors dans un Ă©lan de courage et de charisme inouĂŻ, j’ai eu la bravoure de les fixer trĂšs mĂ©chamment et de faire CHUT. Mais c’est des vieux, ils voient rien. Alors ils ont dit : “Ah oui, elle a raison de faire chut, ceux de derriĂšre sont trop bruyants”.

AprĂšs un peu plus de deux heures en agonie, les lumiĂšres se sont rallumĂ©es. Ils s’empressent de se lever, elle tient fermement son sac. Moi j’ai besoin d’un petit temps pour me remettre de cette affreuse sĂ©ance, alors je bouge pas encore. Ils sortent de la rangĂ©e de siĂšges (totalement vide Ă  part eux et moi). Et la dame s’exclame trĂšs fort : “Eh ben j’ai rien compris !”.

Je crois que j’ai ri nerveusement, j’a cru que mon cerveau allait exploser. Ma mĂšre m’attendait sur le parking, je lui ai racontĂ© Ă  quel point ils Ă©taient chiants, et j’ai plus jamais revu ce film, Ă  jamais associĂ© Ă  ces deux vieux.

Avant de passer au top 1, je voulais faire une petite mention spĂ©ciale aux sĂ©ances un peu zinzins qui ne font pas partie de ce classement et qui me viennent en tĂȘte : celle de Vice Versa, coupĂ©e en plein milieu du film Ă  cause d’une panne d’électricitĂ© suite Ă  un incendie, celle de Saint Laurent oĂč toutes les dames portaient du Saint-Laurent et s’en sont vantĂ©es auprĂšs du rĂ©alisateur trĂšs mal Ă  l’aise, celle de Tout ce qui me reste de la rĂ©volution, qui Ă©tait tellement Ă  chier que je suis sortie de la salle (ce que je fais vraiment trĂšs, trĂšs rarement), celle du Monde de Ralph 2, oĂč une petite fille avec sa grand-mĂšre ont eu peur de se mettre dans la mĂȘme rangĂ©e que moi parce que “c’est sĂ»rement une personne mal intentionnĂ©e pour venir voir ce film Ă  son Ăąge" (j’avais 21 ans et envie de pleurer).

Celle dont je me souviens plus du film mais oĂč la dame Ă  cĂŽtĂ© de moi a dĂ©cidĂ© d’enlever ses chaussures et Ă©tait visiblement frustrĂ©e que quelqu’un soit assis devant elle, sinon elle y aurait posĂ© ses panards tranquille, celle de The Jane Doe Identity, oĂč il y avait tellement de screamers et de jumpscares que j’étais quasiment en position fƓtale et dans le sens inverse de mon siĂšge pour me cacher, tout en riant d’à quel point le film est naze. Celle de Django Unchained oĂč deux mecs ont tentĂ© de draguer CHAQUE fille prĂ©sente de la salle, en se mettant Ă  cĂŽtĂ©, Ă  fixer, essayer de parler, puis partir, au point oĂč ils se sont cassĂ©s de la salle au vu des moult refus qu’ils se sont pris. C’était vraiment 8 euros trĂšs mal rentabilisĂ©s. Et qui fait ça ???

TOP 1 : Dune, Denis Villeneuve


Le vainqueur depuis 2021. Celui qui m’a fait ne pas vouloir voir la suite alors que je savais pertinemment que ça allait ĂȘtre bien, ni de revoir celui-ci avant de capituler rĂ©cemment. C’est Dune, c’est Denis Villeneuve aux commandes, merde quoi. C’était donc pendant ma pĂ©riode Ă  Londres, au cinĂ©ma Odeon Luxe Putney, proche de mon logement solo aprĂšs l’enfer de la coloc.

Il Ă©tait Luxe parce que les fauteuils Ă©taient en cuir, inclinables au point d’ĂȘtre quasiment allongĂ©, jambes surĂ©levĂ©es, et avec une petite tablette avec porte-gobelet inclus qui elle aussi bouge pour ĂȘtre sur le cĂŽtĂ© ou faire office de table pour poser ses affaires/manger, et manger des gigas nachos au fromage, des hot dogs et milkshakes ou des maxi pots de popcorn (j’avoue c’était trĂšs cool) (Monsieur aux amandes lĂ  serait vraiment pas content).

Le contexte, au vu de l’époque, est pas fou. On est en 2021, en plein covid. Ici les salles de cinĂ©ma sont de nouveau ouvertes, elles sont dĂ©sertĂ©es tout de mĂȘme mais tant mieux, gĂ©nĂ©ralement l’expĂ©rience n’est que meilleure. Quand on rĂ©serve sa place, elle bloque automatiquement les deux siĂšges Ă  gauche et Ă  droite Ă  cĂŽtĂ© de celui choisi (paradisiaque selon moi).

Il faut porter un masque, et la distance de sĂ©curitĂ© est donc Ă  peu prĂšs respectĂ©e avec ces deux siĂšges de part et d’autre du mien obligatoirement vide. Je pensais ĂȘtre carrĂ©ment tranquille dans ces conditions. Le masque m’embĂȘte un peu Ă  cause de mes lunettes, mais si je suis bien calme et que je respire tranquillement, ça fait pas de buĂ©e.

La sĂ©ance est en semaine Ă  14h00. Il n’y avait que trĂšs peu de monde, on devait ĂȘtre cinq, dispatchĂ©s dans l’entiĂšretĂ© de la salle. J’étais bien, posĂ©e, au top, Ă  l’aise, tranquille.

alors oui c'est moche mais ce confooooortalors oui c'est moche mais ce confooooort

Quand soudain.

Vers la fin des bandes-annonces, un couple, avec leur seau de popcorn plus gros que leurs tĂȘtes combinĂ©es, s’assoit Ă  un siĂšge du mien (on avait dit deux d’écart !!!!!). J’ai compris que j’allais en chier, et j’étais terrorisĂ©e Ă  l’idĂ©e de choper le covid (mini spoiler quand-mĂȘme, je l’ai pas eu).

Parce que non seulement, mais lĂ  Ă  ce stade c’est habituel, ça parle pendant le film, mais ce pop-corn, ce foutu seau de pop-corn, il est pas mangĂ© comme toute personne normale est censĂ©e le faire. Ou comme moi Ă  en dĂ©vorer le plus possible quand y a les scĂšnes d’action bien bruyantes, puis quasi plus rien dĂšs que c’est trĂšs contemplatif ou silencieux, Ă  attendre que le popcorn fonde dans la bouche pour pas faire un gros bruit de mĂąchoire. Nooooon.

Non, ce seau de popcorn lĂ , il est mangĂ© un par un. À un rythme presque rĂ©gulier. Et d’une lenteur sidĂ©rale. Et la bouche ouverte, bien sĂ»r. Au point qu’on entend au ralenti le popcorn ĂȘtre Ă©crasĂ© par ses dents puis mĂąchĂ© leeeeeeeentement, mais la bouche ouverte. Je pense que le paresseux dans Zootopie serait plus rapide qu’elle Ă  manger son popcorn.

Mais peut-ĂȘtre vous demandez-vous : mais enfin comment est-ce possible de manger un popcorn avec un masque ? N’ayez crainte, car pour un maximum de plaisir, ils ont enlevĂ© complĂštement leurs masques Ă  la minute oĂč ils se sont assis et relevĂ© leurs jambes.

Et vu que c’est hyper chiant et que j’essaie de garder mon calme mais que j’y arrive pas, je vois que la moitiĂ© de l’écran Ă  cause de la buĂ©e partout, et j’ai une espĂšce de torture sonore Ă  cĂŽtĂ© de moi qui me sort complĂštement du film parce que c’est pas une maniĂšre humaine de manger du popcorn, et ça prend le dessus sur le son des dialogues et par consĂ©quent, quand TimothĂ©e Chalamet fait que marmonner ses lignes de dialogue, que y a pas de sous-titres et que j’entends du crunch Ă  la place de sa voix, je comprends plus rien.

J’ai donc fait ce que je n’avais jamais fait auparavant : j’ai changĂ© de place. Deux fois. En les fixant bien mĂ©chamment dans l’espoir qu’ils se sentent mal. Eh ben, vraiment, quand je me suis dĂ©placĂ©e, elle a commencĂ© Ă  manger encore plus bruyamment, ça m’a fait pĂ©ter un cĂąble. Mais vu que je suis faible, j’ai rien dit.

À la sortie, j’avais bien sĂ»r qu’une envie, c’était de les incendier, je suis partie Ă  toute vitesse tellement j’étais Ă©nervĂ©e, je les ai fixĂ©s et je les ai insultĂ©s. Mais en français, parce que je voulais pas la bagarre. Et plutĂŽt trĂšs bas, si jamais ils comprenaient le français. Et pas trop mĂ©chamment parce que ça voulait pas sortir. Alors il y a eu un murmure de “han lala mais les gens quoi” et peut-ĂȘtre mĂȘme accompagnĂ© d’un roulement de yeux pour Ă©viter de vraiment les regarder. ApprĂ©ciez ce charisme monumental.

prochaine fois qu'on me saoule je fais pew pew comme lui (c'est Woody Allen)prochaine fois qu'on me saoule je fais pew pew comme lui (c'est Woody Allen)

En attendant, j’espĂšre que j’en aurai pas des pires. Dune 3 sort en fin d’annĂ©e, tout le monde se rue dans les salles voir les films (et c’est tant mieux) pour lutter contre la chaleur. Faites-le aussi si vous le pouvez, dĂ©jĂ  c’est fun, il fait bon, et il y a toujours un film qui vaut la peine d’ĂȘtre dĂ©couvert. Pour ma part je fonce tout Ă  l’heure voir Jim Queen et j’hĂ©site encore Ă  voir Obsession parce que je suis une giga flippette mais il a l’air plutĂŽt sympa. Et pour une fois je vais moins Ă  reculons pour voir les films de 2h40, c’est un bon point pour la canicule.

À la prochaine,



Ça vous a plu ?
Si ça vous a plu, relisez, partagez et parlez-en autour de vous avant de supprimer cet email de votre boite de rĂ©ception Ă  jamais (vous inquiĂ©tez pas je m’en remettrai) (non)

Eh je vous ai dit que j’étais sur Instagram ? Et que normalement y aurait sous peu un peu plus d’activitĂ©s dessus ? Nan ? Ben je vous le dis. Et bim.

Bu-bye !

Motes

Par Mobuski

aspirante cool girl, autrice et scénariste
l’overthinking personnifiĂ©