📓 Le carnet

J'ai besoin de vacances du coup j'Ă©cris sur mes anciennes vacances pour ĂȘtre dans un mood de vacances. C'est quand les vacaaaaaances

Motes
9 min ⋅ 26/02/2026

Depuis que j’ai commencĂ© Ă  me faire des petits voyages en solo il y a 2 ans, ma source d’angoisse principale n'Ă©tait pas le fait de me retrouver seule avec moi-mĂȘme, de devoir payer un supplĂ©ment dans les hĂŽtels parce que je suis solo (oui mais vous comprenez vous prenez la place de 2 personnes personne alors que vous ĂȘtes SEULE donc on a une perdition donc on vous charge davantage parce que vous ĂȘtes SEULE et qu’ĂȘtre SEULE et ben c’est moins Ă©conomique que d’ĂȘtre PAS SEULE, enjoy le cabinet qui vous servira de chambre et on vous a mis la chambre tout tout au bout avec le lit simple nul parce que vous ĂȘtes SEULE), ou de me perdre (parce que c’est limite un peu cool de se perdre, on dĂ©couvre plein d’endroits et de rues chouettes, mĂȘme quand on est SEULE), mais de manger seule en public. 

GĂ©nĂ©ralement, ĂȘtre solo, j’aime bien et je peux faire plein de trucs : aller au cinĂ©, au théùtre, au musĂ©e, faire les boutiques, rester plusieurs jours chez moi sans voir personne, partir Ă  l’étranger. Par contre qu’est-ce que ça m’énerve quand on me le fait remarquer : il y a quelques annĂ©es, je suis allĂ©e voir Casse-Noisette toute seule, pĂ©pĂšre tranquille, trop bien. À chaque fois que j’ai dĂ» montrer mon billet, les ouvreurs et ouvreuses semblaient dĂ©couvrir le concept en gueulant “QUOI vous n’attendez personne ???” puis prenaient une tĂȘte de chaton battu Ă  me faire des “haaaaaaaan non” Ă  la limite de chialer. Bonus Ă  la famille derriĂšre moi qui a dit un peu trop fort “t’as vu y a des gens seuls, c’est un peu triste quand mĂȘme surtout pour un spectacle comme ça” (non).

Quand on me le fout pas dans la gueule toutes les quatre secondes donc, ça va, sauf ça. Manger Ă  la vue de tous et toute seule, ça me terrifie, je ne sais pas pourquoi. DĂ©jĂ  que manger avec des gens que je connais pas beaucoup, je suis hyper mal Ă  l’aise et peux facilement prĂ©tendre que j’ai pas faim malgrĂ© un ventre qui crie famine jusqu’à me dĂ©masquer pour essayer d’ĂȘtre un peu plus Ă  l’abri, ou alors je vais choisir soit le truc sur le menu que soit tout le monde prend pour rester discrĂšte, soit prendre le truc qui me semble le plus simple Ă  manger sans ressembler Ă  un porc (si je mange un burger avec les mains et avec vous, y a un step de passĂ©), mais alors solo, ohlala.

Je sais que c’est une expĂ©rience plutĂŽt partagĂ©e par beaucoup. Est-ce que c’est parce qu’on considĂšre qu’on est dans une position vulnĂ©rable quand on est assis Ă  table pendant qu’on engouffre son plat, qu’on a peur d’ĂȘtre jugĂ© pour ce qu’on mange ou nos maniĂšres, ou vu qu’il n’y a personne avec soi la vue est beaucoup trop dĂ©gagĂ©e et on a l’impression d’ĂȘtre l’animation pour tous les autres qui eux ne sont pas seuls, ou si on a peur du jugement des autres qu’on s’imagine qui disent de nous “han ça doit ĂȘtre une affreuse personne si elle se retrouve lĂ  seule. Non mais regardez Ă  quel point cette personne est SEULE. Han la honte. Je parie qu’elle va voir Casse-Noisette SEULE aussi.”

Gngngngngn eh ben c'Ă©tait fabuleux quand mĂȘmeGngngngngn eh ben c'Ă©tait fabuleux quand mĂȘme

La premiĂšre fois que je suis partie en vacances solo, c’était Ă  Lisbonne, et j’avais tellement peur de me retrouver seule Ă  une table que j’ai repoussĂ© le moment fatidique de manger jusqu’à ce que ça ne soit plus possible en visitant la ville jusqu’au bout du bout (j’ai jamais entendu mon ventre me hurler dessus si fort), pour au final trouver une Confeitaria (c’était une sorte de pĂątisserie traditionnelle pleine de petits gĂąteaux et biscuits) et juste prendre un butin pour le ramener Ă  l’hĂŽtel et les engloutir comme un gobelin. Mais le problĂšme est : j’adore manger, et surtout, j’adore dĂ©couvrir les spĂ©cialitĂ©s quand je voyage au point de me faire des listes gigantesques de toutes les spĂ©cialitĂ©s du pays, de la rĂ©gion et de la ville pour ĂȘtre sĂ»re de faire au mieux une expĂ©rience culinaire la plus cool possible.

Gober des pastĂ©is de nata en marchant ça passe, mais manger de la morue d’un dĂ©licieux bacalhau dans ma petite chambre d’hĂŽtel, ça le fait moyen. Et puis : ça coupe un peu l’ambiance et les dĂ©couvertes. DĂ©jĂ  que je me suis faite engueuler par un chauffeur de taxi parce que je rentrais trop tĂŽt (“ah non non non, Ă  cette heure lĂ  on sort faire la fĂȘte, on va pas dormir, c’est pas Lisbonne ça, c’est un cocktail qu’on a dans les mains pas sa couette”) (dĂ©solĂ©e monsieur), si en plus j’ose mĂȘme pas manger les plats dans les endroits oĂč ils sont traditionnels, c’est un peu ratĂ©.

Alors j’ai trouvĂ© la solution pour que le moment me paraisse moins fastidieux : un carnet. J’amĂšne un carnet avec moi, et quand je suis tellement Ă©puisĂ©e qu’il me faut une pause et me sustenter (je fonctionne comme ça, en voyage, je marche et visite le plus possible la ville jusqu’à ce que j’en puisse plus, le repos c’est pour les FAIBLES) (c’est pas vrai), pendant le repas, j’écris sur ma journĂ©e de voyage. Comme ça, je ne sais pas si on me regarde mal, j’ai un objectif un peu cool de raconter mes petites vacances et de mettre sur papier tous mes souvenirs et pensĂ©es, je me prends pour une exploratrice ou une autrice hyper stylĂ©e qui Ă©crit et se dĂ©couvre par le prisme de ses voyages, Ă  regarder dans le vide par fatigue par inspiration, pensĂ©es gardĂ©es au chaud et qui peuvent ĂȘtre revisitĂ©es Ă  chaque instant, et quand je suis de retour Ă  l’hĂŽtel je n’ai plus qu’à m’écrouler.

J'en ai dégommé TELLEMENT en 4 jours, oupsJ'en ai dégommé TELLEMENT en 4 jours, oups

C’est toujours le mĂȘme depuis que j’ai commencĂ©, un carnet Moleskine vert avec des pointillĂ©s (parce que c’est mieux que les lignes et si c’est des pages blanches j’écris juste de travers). Il s’est parĂ© de quelques petits stickers depuis le temps, dont un d’Evangelion et de l’expo Wes Anderson (oĂč j’ai bravĂ© ma timiditĂ© pour demander Ă  la dame de la boutique si je pouvais en avoir un en plus pour le coller dessus vu qu’ils Ă©taient gratos, quelle adulte je suis) et une jolie Ă©pĂ©e parĂ©e d’une banderole “mange tes morts” et d’une crevette qui fait la gueule parce que pourquoi pas, et il devrait pouvoir contenir encore un ou deux voyages. 

C’est depuis devenu ma petite tradition, et avec elle son lot d’interactions en fonction d’oĂč je suis, et gĂ©nĂ©ralement plutĂŽt trĂšs mimi. À Vienne, je suis allĂ©e me poser au CafĂ© Sacher, accolĂ© Ă  son hĂŽtel tout aussi fameux, historique et rĂ©putĂ© pour sa Sacher Torte, un gĂąteau au chocolat et abricot (il m’en fallait pas plus) (miam). Un des serveurs est venu me voir pour m’offrir un stylo du cafĂ©, rouge avec l’écriture dorĂ©e de l’hĂŽtel en me disant que c’était trop chouette de voir des gens Ă©crire, en m’expliquant que dans le temps il a eu des personnes importantes qui sont venues Ă©crire ici, et qu’il espĂ©rait qu’il n’y aurait que des bons souvenirs dans mes pages. Et il m’a aussi dit qu’il s’appelait Ernesto, pour que, quand j’allais Ă©crire sur mon sĂ©jour au Sacher, je puisse, si je le voulais, inscrire son nom (fĂ©licitations Ernesto, tu es dans mon carnet ET dans les mails de gens, yay).

MĂȘme chose au CafĂ© Sperl (celui de Before Sunrise !) et au CafĂ© Central (que Stefan Zweig frĂ©quentait, woohoo), oĂč dĂ©jĂ  l’ambiance donnait envie de ne jamais quitter le lieu et de continuer Ă  Ă©crire Ă  vie, et avec des serveurs tout gentils qui trouvaient ça super chouette et me demandaient ce que j’écrivais. Je me suis faite observĂ©e par des petits vieux qui Ă©taient en face de moi, dont je croisais le regard dĂšs que je levais un peu le nez de mon carnet (visiblement les Autrichiens en termes de death stare ils sont pas mal, presque aux mĂȘme niveau que les Italiens) mais j’étais finalement tellement plongĂ©e dans mon moment Ă  moi que j’ai rĂ©ussi Ă  m’en ficher. 

Et le barman de l’hĂŽtel qui m’a fait une scĂšne de film en me servant un cocktail alors que j’avais (encore) rien demandĂ©, et en me disant â€œĂ©crire ça s’accompagne d’un bon verre”. C’était absolument dĂ©licieux, quand j’ai voulu savoir ce qu’il y avait dedans, il m’a juste dit “chĂ© pas, j’ai fait au feeling, je pourrais mĂȘme pas vous le refaire”, avant de repartir faire derriĂšre son comptoir. Ah.

Non mais regardez moi cette beauté avec son petit sceau là, ohlalaNon mais regardez moi cette beauté avec son petit sceau là, ohlala

À HĂ©raklion, j’avais trouvĂ© un restaurant trĂšs agrĂ©able et pas trĂšs loin de mon hĂŽtel, et j’y suis retournĂ©e plusieurs fois pendant le sĂ©jour (sauf une soirĂ©e oĂč j’avais vraiment pas envie de faire d’effort et j’ai fini par arpenter le centre-ville pour trouver un kebab et le ramener Ă  l’hĂŽtel, y en avait un avec une queue dĂ©mentielle, il parlait pas anglais, j’ai pointĂ© le kebab qu’un mec mangeait Ă  cĂŽtĂ© de moi, eh ben c’était pas ouf).

J’avais pris le petit rituel un peu chouette de rentrer aprĂšs une journĂ©e en excursion ou de plage, chiller un peu dans la chambre d’hĂŽtel en lisant sur le balcon (je m’étais fait un kiff de prendre une chambre un peu plus chĂšre pour pouvoir profiter du beau temps depuis l’hĂŽtel ET du coup j’avais un lit tellement grand que je pouvais rouler 4 fois dedans, tralalĂšre), faire un peu la meuf (premiĂšre fois que je fais une valise de touriste mimi avec p’tites robes et tout, ça m’a pas empĂȘchĂ© de ressembler Ă  une touriste allemande Ă  base de peau rouge cramĂ©e, short et casquette mais sans Birks parce qu’elles sont jamais arrivĂ©es), et j’allais Ă  pied au resto en passant par des endroits hyper jolis et vivants, avant d’atterrir face Ă  la petite place oĂč trĂŽnait la terrasse du restaurant, avec des petites lumiĂšres en hauteur et la musique en Ă©cho de ceux qui en jouaient un peu plus bas.

J’avais pas spĂ©cialement pris en compte qu’on pouvait se souvenir de moi : c’est une grande ville, un restaurant avec une grande terrasse, ça brasse du monde, sur une place plutĂŽt animĂ©e, il fait nuit, ils ont (clairement) autre chose Ă  faire. Quelle ne fut pas ma surprise quand un des serveurs, qui vient pour me donner la carte, me dit “tiens, pas de carnet aujourd’hui ?”, parce qu’il a dĂ©gainĂ© sa carte plus vite que moi mes affaires de mon sac. C’était rigolo, on a parlĂ© un peu, il est repassĂ© en me disant que j’avais l’air trĂšs Ă  fond et que mon Ă©criture faisait trĂšs ancienne (imaginez une sorte d’écriture en pattes de mouches trĂšs serrĂ©e en cursive et inclinĂ©e vers la droite qui fait que la page devient trĂšs remplie et trĂšs noire) (si c’est inclinĂ© sur la gauche z’ĂȘtes un zinzin, c’est pas moi qui le dit).

Je me suis fait prendre en photo aussi, attablĂ©e en terrasse en train d’écrire, par plusieurs personnes diffĂ©rentes, ça m’a fait un peu bizarre. Quelqu’un m’a prise en photo aprĂšs avoir vu quelqu’un me prendre en photo, et a soufflĂ© que j’étais peut-ĂȘtre connue, donc dans le doute, il a dĂ©gainĂ© son tĂ©lĂ©phone, et ça a créé une espĂšce de mini-file de gens hyper gĂȘnante qui me prennent en photos. Sait-on jamais. Faudrait pas rater une occasion pareille de prendre une inconnue connue. Du coup il y a plusieurs personnes qui ont une photo de moi en train de manger plus de plats de mezze et de dakos que de raison, et d’écrire sur mes excursions au travers de l’üle et mes coups de soleil dans leurs 3642 photos de vacances.

Je me fais souvent un peu Ă©pier quand j’écris. Pourtant j’ai pas la tĂȘte enfoncĂ©e dans mon carnet, affalĂ©e sur la table, Ă  projeter de l’encre partout, je reste assez discrĂšte. C’est peut-ĂȘtre le fait d’aller dans des cafĂ©s historiques souvent, oĂč c’est actĂ© que plein d’écrivains sont venus gratter du papier sur place. Peut-ĂȘtre qu’ils trouvent ça rigolo/con/insupportable que des touristes viennent essayer de faire pareil. Personnellement j’aime bien l’idĂ©e de fusionner une visite d’un lieu un peu historique et typique (c’est quand mĂȘme plus sympa que d’aller manger au McDo), et faire ma petite autrice en vacances qui dĂ©gaine son stylo Muji (les best) et qui noircit ses pages tranquillou.

Un dakos, du tzatziki et des olives : un régalUn dakos, du tzatziki et des olives : un régal

Puis il y a eu Prague, dans le CafĂ© Louvre, oĂč il est dit que Franz Kafka (encore lui) et Einstein venaient Ă©crire ici. Je trouvais ça chouette, et pour ma derniĂšre soirĂ©e lĂ -bas aprĂšs un sĂ©jour court et hyper intense et gĂ©nial, je me suis dit que j’allais manger sur place, Ă©crire dans mon carnet, et puis partir Ă  la tombĂ©e de la nuit pour profiter du soleil se couchant sur la ville pour l’admirer avec ses lumiĂšres tout en traversant le pont Saint-Charles. Mon plan est complĂštement tombĂ© Ă  l’eau Ă  cause d’un Japonais qui Ă©tait en voyage en Europe depuis 6 mois et qui mangeait Ă  cĂŽtĂ© de moi, qui m’a longuement tenu la jambe aprĂšs avoir insistĂ© pour savoir ce que je buvais pour commander la mĂȘme chose (un mojito si vous voulez savoir, rien de foufou) parce qu’il trouvait ça chouette pour moi d’écrire dans cet endroit et pour lui d’y Ă©tudier la physique, et a voulu avoir une conversation avec une EuropĂ©enne, pour son avis sur l’immigration (ça commence pas super).

Spoiler : il Ă©tait en fait un eugĂ©niste des enfers et m’a sorti horreur sur horreur du type “l’immigrĂ© a mĂ©ritĂ© sa position prĂ©caire parce qu’il est de base issu d’un mauvais pays, donc je vois pas en quoi il faudrait l’aider, c’est sa destinĂ©e” (au secours) sans bien sĂ»r laisser l’occasion pour que j’en place une Ă  dĂ©faut de juste dire que c’est un gros con, et j’ai luttĂ© aprĂšs tunnel sur tunnel sur le grand remplacement, les AmĂ©ricains Ă©cervelĂ©s qui n’ont aucune culture et la suprĂ©matie de la culture japonaise pour enfin rĂ©ussir Ă  prendre la fuite. Comme quoi les voyages, ça n'ouvre pas les horizons et les mentalitĂ©s de tout le monde. Et du coup j’ai ratĂ© le coucher de soleil.

bizarrement la bouffe tchÚque, pas hyper ragoûtant, alors hop une biÚrebizarrement la bouffe tchÚque, pas hyper ragoûtant, alors hop une biÚre

Le dernier voyage en date, c’était Ă  Turin, oĂč je me suis sentie un peu plus seule que les autres fois et donc mon carnet Ă©tait grandement le bienvenu pour m’y rĂ©fugier un peu et ce Ă  chaque repas (parce que pour une fois j’ai pas attendu d’ĂȘtre presque Ă  genoux parce que je voulais manger autant de chocolats, de pĂątes et de truffes que possible, tant qu’à faire, c'est l’Italie merde). J’ai Ă©crit, je pense, une bonne partie de mon trajet en train, que ce soit Ă  l’aller comme au retour, et c’était hyper agrĂ©able. J’ai pu faire quelques endroits un peu historiques pour dĂ©guster des petits baci di dama tout mimi et le seul cafĂ© que j’ai pu avaler de ma vie, le cafĂ© Bicerin (parce qu’il est couvert de chocolat et de crĂšme fouettĂ©e hehehe), oĂč c’était suffisamment calme pour me plonger dans mes pages ou Ă  l’inverse tellement bruyant que ça me mettait dans ma petite bulle, mais cette fois, aucune interaction rigolote/mimi (snif) ou dĂ©sagrĂ©able (ouf), je parle tellement pas italien que j’ai plus mimĂ© que parler pendant ce sĂ©jour (ce qui faisait pouffer de rire la rĂ©ceptionniste de l’hĂŽtel dĂšs qu’elle me voyait arriver, faute de pas savoir dire 115 autrement qu’avec mes doigts ou de dire un pauvre uno uno cinque abominable) .

Un de mes meilleurs souvenirs restera ma petite excursion en dehors de la ville Ă  Alba, capitale de la truffe, oĂč tout le trajet je me suis demandĂ©e si je faisais pas une connerie en me demandant si c’était une si bonne idĂ©e que ça de le faire, pour Ă  peine sortir du train et sentir l’odeur de chocolat qui enveloppe la ville (les usines Ferrero sont Ă  cĂŽtĂ©), sentir le soleil taper mon front et dorer les petites rues, et finalement juste adorer ces fameuses pĂątes Ă  la truffe en terrasse avec le petit verre de Moscato dĂ©licieux (ça y est j’ai trouvĂ© le vin que j’aime bien, j’ai passĂ© un nouveau step dans le monde des adultes), et Ă  Ă©crire mes petites lignes aprĂšs avoir dĂ©valisĂ© la boutique de produits de truffes pour rĂ©galer tout le monde au retour. Et je devais tellement avoir l’air de kiffer que la dame Ă  la table Ă  cĂŽtĂ© de moi, seule aussi, a posĂ© son tĂ©lĂ©phone, sorti un petit carnet de son sac et a griffonner elle aussi. Quelle influenceuse je suis, non mais vraiment.

Ces tajarin Ă  la truffe noire, MAMMA MIA comme on ditCes tajarin Ă  la truffe noire, MAMMA MIA comme on dit

En bref, l’écriture dans ce carnet, c’est ma petite thĂ©rapie, mon petit moment rien qu’à moi, unique, oĂč je m’éloigne des foules et me concentre sur ma journĂ©e pour faire quelque chose que j’aime et apposer sur le papier les doux voyages et les souvenirs avant qu’ils ne s’effacent, un petit moyen pour me rassurer dans les endroits oĂč je ne suis pas trĂšs Ă  l’aise, vecteur de conversations mimi comme absolument horribles et de m’amuser des mots, des situations pour que mon voyage devienne une histoire. Quand j’ai achetĂ© ce carnet, j’avais peur de ne jamais le remplir comme beaucoup d’autres avant lui, ou qu’il soit rempli de pages un peu mornes Ă  base de “pas ouf cette semaine, la routine quoi, il se passe rien” ou juste les petits malheurs du quotidien qui font bien mal lorsqu’ils s’accumulent.

Aujourd’hui, il est finalement rempli de rebondissements en tout genre, mais aussi de petites aventures qui font partie de mes moments prĂ©fĂ©rĂ©s, parce que le voyage solo m’a donnĂ© une nouvelle confiance en moi et une joie indescriptible, et j’ai souvent l’impression d’ĂȘtre la meilleure version de moi-mĂȘme en voyage (j’y peux rien, je me trouve trop cool Ă  partir Ă  la dĂ©couverte des cultures et des histoires et je suis bien contente d’avoir une version de moi que je trouve cool). Il n’est pas encore terminĂ© mais son successeur attend dĂ©jĂ  sagement sur mon Ă©tagĂšre d’ĂȘtre couvert d’encre et de se parer de stickers plus cons que ceux actuellement, et me reste la question fatidique de savoir si je passe l’étape de coller les billets de musĂ©es, de cinĂ©, et tout autre petit support qui attestent d’un “j’y Ă©tais” au lieu de les laisser pourrir dans plein de boĂźtes et enveloppes (les pauvres). Moi je trouve que c’est vraiment une question d’une grande importance. Et j’ai hĂąte de ma prochaine aventure.

À la prochaine,

PS : les carnets à petits points sont mieux que ceux à lignes, c’est tout.

PPS : je sais que ça fait peur au dĂ©but de partir solo, mais une fois sur place et qu’on lĂąche un peu prise en acceptant l’inconnu et de laisser un peu porter, c’est que du fun et ça fait du bien Ă  soi-mĂȘme de voir qu’on peut outrepasser une frayeur comme ça. Faites le au moins une fois, ça permet de se dĂ©couvrir et de profiter d’une autre maniĂšre. Pis si c’était nul, ça vous fera une histoire Ă  raconter, et si c’était bien, ça vous en fera une aussi, c’est win-win.

PPPS (c’est le dernier promis) : On en pense quoi de ce ce petit chapitrage en images Ă  la place du montage de fin rigolo ? C’est mieux comme ça ? Il vous manque ? Vous l’aviez jamais regardĂ© ? On s’en tape ? Ça fait trop de questions ? Dites-moi.

PPPPS : ah non c’est bon, j’ai tout dit. Hehe.



Alors alors alors ?
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Eh puis tant qu’à faire n’oubliez pas Instagram, hein les jeunes

Ciaooooo

Motes

Par Mobuski

aspirante cool girl, autrice et scénariste
l’overthinking personnifiĂ©