🔁 Le retour

J'vous ai manqué ?

Motes
5 min ⋅ 29/01/2026

C’est trop tard pour dire bonne annĂ©e ? (oui)


Me voilĂ  de retour, pour vous jouer un mauvais tour ça, je sais pas, mais en tout cas I’m back dans vos boĂźtes mails Ă  vous raconter tout et n’importe quoi, prĂȘte Ă  augmenter votre temps d’écran de 6 minutes supplĂ©mentaires pour niquer votre rĂ©solution d’ĂȘtre moins sur votre tĂ©lĂ©phone en 2026. Oups. 

J’aime pas trop janvier. C’est le mois un peu nul oĂč ça y est les fĂȘtes sont terminĂ©es, on Ă©teints les jolies lumiĂšre et on balance son sapin comme un malpropre sur le trottoir, il fait froid et plutĂŽt moche, tout le monde a la flemme et est tiraillĂ© entre toutes ces belles envies pour soi pour cette nouvelle annĂ©e et le sentiment imminent qu’on y arrivera pas/qu’on a pas le temps ou pas l’énergie, tout ça pour finir par ĂȘtre une boule de seum qui boude Ă  se dire “t’façon j’arrive jamais Ă  rien faire” ou juste frustrĂ© de pas savoir oĂč commencer, oĂč perdu parce que la vie qui est dĂ©jĂ  prĂ©sente a repris le dessus et nous fatigue trop pour qu’on mette de l’énergie Ă  faire un truc en plus. 

Par exemple, comme la dĂ©glinguĂ©e que je suis, ma liste de rĂ©solutions et de trucs que je voudrais faire cette annĂ©e est immense. Je voudrais passer mon permis, avoir une routine de sport rĂ©guliĂšre, ditch mon taff alimentaire pour de bon et me lancer pour de bon aussi comme freelance, faire plus de arts & crafts (hihi), Ă©crire davantage et avancer tous les projets d’écriture que j’ai, commencer Ă  faire des vidĂ©os, faire des recherches et apprendre sur tout un tas de sujets qui m’intĂ©ressent pour me cultiver un peu plus, lire au moins un livre par mois, et j’en passe (oui y en a encore d’autre, que voulez-vous, j’aspire Ă  taaaant de choses) (aprĂšs je m’étonne de crever sous le stress).

Ce qui fait que gĂ©nĂ©ralement, je suis hyper hypĂ©e par la nouvelle annĂ©e pendant Ă  peu prĂšs 10 jours, avant que la routine s’installe de nouveau, et que je me mette un stress immense de “eh on avait dit qu’on arrĂȘtait ça pour faire ça Ă  la place” et de pas rĂ©ussir. Et puis vu que je suis pas trĂšs patiente avec moi-mĂȘme ; et que si j’y arrive pas du premier coup, ça devient une catastrophe ou un complot contre moi pour que j’échoue, je peux repousser de recommencer quelque chose pendant assez longtemps. 

Le tricot par exemple. À force de voir des p’tites meufs toute mimi montrer les pulls et Ă©charpes qu’elles avaient tricotĂ© sur les rĂ©seaux, j’ai voulu essayer aussi. AprĂšs tout, c’est un truc tellement ancien, c’est si cool de pouvoir se dire qu’on a fait quelque chose de ses mains et en plus utilisable au quotidien et portable, que tu peux personnaliser comme tu l’entends, et tellement de gens en font. Ça ne doit pas ĂȘtre si compliquĂ©. 

Ohlala comment j’ai eu tort. C’est SI dur. J’arrive pas Ă  faire deux rangĂ©es sans que ça foire. Au moment oĂč je vous Ă©cris, je peux scruter la boĂźte oĂč j’ai rangĂ© toutes les jolies laines et les aiguilles qu’on m’a offert pour NoĂ«l, et voir mon Ă©chec cuisant qui gĂźt Ă  mes pieds. J’ai essayĂ© plusieurs fois. Pendant 4, 5 heures, la soirĂ©e entiĂšre. Pas foutue de passer le fil d’une aiguille Ă  l’autre sans capotage. Bon aprĂšs la derniĂšre fois je l’ai fait en regardant un film tellement bien que j’étais un peu dĂ©concentrĂ©e (c’était Garde Ă  Vue de Claude Miller si vous voulez tout savoir) (Ă©trange choix de film pour tricoter devant, vous en conviendrez) (regardez-le il est super).

Et maintenant mes rĂ©seaux me narguent en me montrant ces mĂȘmes petites meufs et leurs designs de pulls tout beau qui leur va trop bien, pendant que je galĂšre comme pas permis. Je suis certaine que si j’arrive Ă  faire un truc ça va ressortir comme le gilet dans Le PĂšre NoĂ«l est une ordure (et encore, mĂȘme aussi difforme je prends).

Puis comme tout le monde, j’ai pris la rĂ©solution la plus BANALE de la terre : me remettre en forme. J’ai cĂ©dĂ© au Black Friday pour un abonnement Ă  la salle, parce que c’était moins cher et que je me suis dit que ça allait me motiver : j’ai pas envie de culpabiliser pendant un an en me disant que je me fais volontairement racketer de 40 balles par mois donc j’ai grandement intĂ©rĂȘt Ă  y aller pour me dire que c’est un investissement pour ma santĂ© (gngngngn).

Comme ça : obligĂ©e de rentabiliser un achat sinon je me sens comme une merde, et en plus je me remets en forme. Pis forcĂ©ment c’est un abonnement que je peux pas arrĂȘter de suite du coup je peux pas me dĂ©motiver. Allez, plus que 12 mois Ă  tenir. RĂ©sultat, pour l’instant j’y vais Ă  peu prĂšs deux fois par semaine, c’est pas si pire. Voire, parfois, j’aime bien. 

J’aime bien l’ambiance. Quand j’y vais y a que des vieux, donc je sais qu’ils ont autre chose Ă  foutre que de fixer les gens parce qu’ils sont trop happĂ©s par les tĂ©lĂ©s un peu lugubres qui passent BFM en boucle ou LE feuilleton de l’aprĂšs-midi. Et puis au pire, la salle est tellement grande que je les vois tout flou donc si je fixe mon vĂ©lo, c’est tout pareil. Je vois juste des leggings roses fuschia bouger. Ça donne une petite ambiance aĂ©robic des annĂ©es 80.

Les coachs sont pas lĂ  pour frimer ou venir un peu te faire des “eh si tu veux, on peut faire une session coaching oĂč je te montre quoi faire” pendant que t’es dĂ©jĂ  en train de crever sur ton tapis. Et le cardio est sĂ©parĂ© des machines de muscu, donc j’ai pas besoin d’ĂȘtre entourĂ©e de monsieurs en dĂ©bardeur trop moulant qui font “GNNNNNNNN” trĂšs fort pendant que je cherche quelle chanson de Lady Gaga mettre pendant que je me tue sur le vĂ©lo elliptique (celle lĂ ). Et ça, j’aime bien. 

En plus je me suis mise sur une appli de sport oĂč je peux mettre quels exercices j’ai fait, mais surtout mettre des titres dĂ©biles Ă  mes sessions de sport ET une photo. J’ai donc dĂ©cidĂ© d’à chaque fois mettre une image dĂ©bile telle que : Snoopy qui boxe, Pingu en PLS, Kermit Ă  qui ont fait un massage cardiaque, une Bratz sur le point de dĂ©faillir, ou encore Bob l’Eponge Ă  l’agonie. Ça vous donne l’ambiance. Perso j’adore, c’est le highlight de mon sport. Un peu de culture dans tout ça, ça fait pas de mal (j’ai maintenant un Pinterest board avec que des images Ă  utiliser pour les prochaines fois oĂč je fais mon sport).

Je me suis mis pleins de rĂ©solutions cette annĂ©e donc, comme chaque annĂ©e, mais cette fois, pour pas m’enterrer sous terre d’avance, j’ai envie de tester une autre approche que d’habitude. Je suis assez exigeante et perfectionniste, surtout envers moi-mĂȘme oĂč j’accepte pas l’échec ou de savoir qu’un truc peut ĂȘtre encore mieux fait. Mais cette fois, je vais y aller un peu plus mollo, en me disant que mĂȘme si c’est nul, ben ça existe, et donc c’est mieux. Mon tricot tout pourri, il est Ă©videmment bien nul, mais au moins il est lĂ , j’y ai mis du temps, il pourra qu’ĂȘtre que meilleur.

Mes entraĂźnements Ă  la salle, c’est pas les mieux, c’est pas les plus longs, c’est pas les plus optimisĂ©s, mais au moins j’y vais, et je le fais, et c’est mieux de faire que 15 minutes Ă  la salle plutĂŽt que 15 minute sur mon canapĂ© Ă  me dire qu’il faudrait que je le fasse pour au final pas le faire. Mes Ă©crits, il faut que je me relance Ă  Ă©crire des brouillons nuls, des petits bouts, parce qu’autant passer par la case nul maintenant pour que ça devienne meilleur au fur et Ă  mesure. Nul, c’est mieux que zĂ©ro. Nul, ça va que vers le mieux.

C’est peut-ĂȘtre ça la rĂ©solution principale en fait. D’ĂȘtre un peu plus sympa envers moi-mĂȘme et de me laisser la place de faire de la merde pour me motiver Ă  rectifier, Ă©voluer, sublimer les choses. De me dire que le progrĂšs, ça fait partie du travail. Peut-ĂȘtre que si je me lĂąche du lest, en fait je pourrais faire tout plein de choses que je veux faire depuis longtemps. J’ai le droit d’ĂȘtre nulle. Bon sauf pour le permis, parce que clairement je veux pas Ă©craser quelqu’un ni finir par payer 15000 balles d’heures de conduite pour le dĂ©crocher Ă  48 ans. 

En tout cas, c’est plutĂŽt cool de revenir dans vos mails. Et pis si vous trouvez que ce petit bulletin de retour est dĂ©jĂ  tout pourri, du coup, dites-vous que le prochain sera meilleur (ou pas, mais comme ça vous restez plus longtemps pour admirer le travail et le progrĂšs et vous dire “wow j’étais lĂ  quand c’était pas dingo) (mais vous avez le droit de trouver ça aussi trĂšs bien dĂšs maintenant hein) (je dis ça je dis rien) (faites ce que vous voulez) (avouez que ça vous a manquĂ© mes parenthĂšses lĂ ) (hehe).

À la prochaine,

PS : si vous avez des conseils pour se motiver Ă  braver le froid pour aller Ă  la salle ou sur comment passer le deuxiĂšme rang en tricot, JE PRENDS.


Ça vous a plu ?
Si ça vous a plu, relisez, partagez et parlez-en autour de vous avant de supprimer cet email de votre boite de rĂ©ception Ă  jamais (vous inquiĂ©tez pas je m’en remettrai) (non)

Eh je vous ai dit que j’étais sur Instagram ?

Bu-bye !

Motes

Par Mobuski

aspirante cool girl, autrice et scénariste
l’overthinking personnifiĂ©