Un p'tit trou, un p'tit trou, et puis plus de trou
Cet Ă©tĂ©, jâai dĂ©cidĂ© de suivre une de mes meilleures amies, et de faire un piercing avec elle. Ăa faisait longtemps que jây pensais, que jâen voulais un. Je mâimaginais hyper stylĂ©e avec une multitude de piercings au lobe et Ă lâhĂ©lix, tout plein dâanneaux en argent pour casser le cĂŽtĂ© parfois trop sage que jâai et faire partie des cool kids.
Alors oui, clairement, câest pas le piercing le plus osĂ©. Jâai pas eu lâenvie directe de me faire percer les tĂ©tons (aĂŻe). Ma copine, aprĂšs avoir blablater des heures en terrasses, a, comme ça peut lui arriver assez souvent, eu une envie soudaine Ă 19h. âJâai trop envie de me faire percer, genre maintenantâ.
Bien Ă©videmment que les salons Ă©taient fermĂ©s, mais ça ne lâa pas ralenti : elle a pris rendez-vous immĂ©diatement pour le lendemain, et pour moi aussi. On se le fait ensemble, au mĂȘme endroit.
Jâai jamais fait ce genre dâexpĂ©rience. Je ne me suis jamais faite tatouer tout court, et encore moins en commun avec quelquâun, pas lâombre dâun piercing en vue, pas de matching outfits, pas de dĂ©coloration Ă la maison pour se bousiller les cheveux Ă deux ou Ă plusieurs. Alors jâĂ©tais absolument trop contente de le faire avec elle.
Non seulement jâallais faire ce piercing dont jâavais envie depuis vraiment longtemps, mais que je repoussais Ă chaque fois (allez, pour mon anniversaire, non pour fĂȘter la fin de mes Ă©tudes, non pour cĂ©lĂ©brer la fin du mĂ©moire, non quand jâaurais obtenu le diplĂŽme, non quand ça ira mieux), mais en plus il allait avoir une symbolique un peu chouette : celle du premier Ă©tĂ© oĂč je me sens vraiment bien, oĂč je profite de chaque instant, oĂč je mâamuse et jâose faire plein de choses, dont visiblement me faire trouer le lobe par plaisir, et en plus avec une de mes personnes favorites au monde, la premiĂšre personne Ă qui jâai parlĂ© quand jâai commencĂ© mes Ă©tudes il y a de ça 10 ans (aĂŻe bis).
La chaleur de lâĂ©tĂ©, lâeuphorie de partager un moment avec une amie aussi proche et la hĂąte dâavoir un petit bijou qui scintille trop mignon en forme dâĂ©toile de mer, il nây avait aucun doute que ça allait ĂȘtre super.
On se lâest fait au mĂȘme endroit, avec le mĂȘme bijou. Un petit truc mignon qui scintille, bien estival, pour se rappeler de ce moment, et penser Ă lâautre tout lâĂ©tĂ© avant que chacune ne parte faire ses aventures. Lâangoisse est bien montĂ©e quand il a fallu sâallonger et que le froid du dĂ©sinfectant a touchĂ© ma peau. âĂa fera pas plus mal quâune prise de sangâ. Je pensais quâelle disait ça un peu en lâair et que jâallais douiller. En fait non. CâĂ©tait effectivement le mĂȘme niveau de douleur quâune prise de sang.
FiĂšre de moi dâavoir passĂ© ce moment, extatique de voir ma super copine se parer elle aussi de la petite Ă©toile de mer et de continuer notre journĂ©e comme si de rien nâĂ©tait par la suite, Ă se balader, discuter, faire nos quĂȘtes secondaires Ă la recherche de mousseur Ă lait pour des matchas (est-ce que ça vous Ă©tonne vraiment) et de chaĂźne longue pour un pendentif quâelle veut pouvoir enfin mettre, comme si ce nouveau bijou avait toujours fait partie de nous.
3 mois de cicatrisation, on nous a dit. Le temps file, tout va bien. LâĂ©tĂ© disparaĂźt doucement, la petite Ă©toile de mer qui me sert de piercing avant de pouvoir le changer pour faire plus cool kid commence Ă ĂȘtre en dĂ©calage face au changement de temps. BientĂŽt lâanneau argentĂ©, il me reste plus que deux semaines avant de pouvoir lâinstaller.
Sauf que non. CâĂ©tait trop beau pour ĂȘtre vrai. Sans trop savoir pourquoi, mon oreille a gonflĂ© comme pas permis. Douloureuse, rouge, tellement enflĂ©e que les branches de lâĂ©toile comprimĂ©e entrent dans la peau, imprimant alors plein de petites plaies dĂ©gueulasses qui font pas du tout cool kid. Un week-end de douleur, Ă attendre que ça aille mieux, Ă pschitter comme on mâa dit du dĂ©sinfectant dessus.
Ă retourner voir le perceur, hyper serein face Ă ma dĂ©tresse, donc ça mâavait un peu calmĂ©. Ă chouiner devant le pharmacien le lendemain, lâoreille pulsante, davantage en stress face Ă son stoĂŻcisme et la clartĂ© de son propos : âeuh faut lâenlever lĂ â. Mais il est 19h00, et du coup : câest fermĂ©.
Me voilĂ donc quelque peu bloquĂ©e ce week-end avec une oreille qui fait mal comme pas permis, qui mâempĂȘche pas mal de me concentrer, de me dĂ©tendre ou de profiter pleinement, mon cerveau dâanxieuse en rajoutant une couche Ă base de âsi ça se trouve mon oreille est devenue gigantesque est personne ose me le dire parce que câest vraiment hyper mocheâ ou âpeut-ĂȘtre que câest tellement grave quâils vont devoir me couper le lobeâ.
Est alors venu un besoin vital dâoublier la douleur par tous les moyens possibles. Et un a plutĂŽt bien fonctionnĂ© : la magie des jeux vidĂ©o.
Je ne suis pas une Ă©norme joueuse. Je panique Ă chaque ennemi sur lâĂ©cran. Je prĂ©fĂšre gĂ©nĂ©ralement regarder quelquâun jouer pour profiter des graphismes et de lâhistoire plutĂŽt que de participer aux combats. Clairement, jâai passĂ© plus de temps Ă regarder mon frĂšre jouer quâĂ avoir une manette dans les mains, ou alors Ă la lui tendre dĂšs que ça se corsait trop, type le boss dans Portal, ou mĂȘme des boss dans Mario Odyssey.
Oui bon, moi quand y a de la bagarre, jâaime pas. Jâangoisse trop, câest pas faute dâavoir essayĂ© plusieurs fois, ça me met dans tous mes Ă©tats de me faire poutrer la tronche par des ennemis, et je finis par mourir en boucle complĂštement dĂ©munie.
Par contre, jâaime bien les jeux tout mignons (ou qui semblent tout mignon et vous dĂ©chirent le cĆur aprĂšs), Ă la Unpacking ou Old Manâs Journey. Jâai passĂ© une aprĂšs-midi entiĂšre sur Mumrik : la mĂ©lodie de la vallĂ©e des Moomins. Câest tout joli, ça dĂ©tend, et les histoires sont chouettes Ă dĂ©couvrir, lĂ il y a une vraie notion de plaisir pour moi.
Alors au vu de mon Ă©tat, quel ne fut pas mon bonheur de retourner sur mon Ăźle sur Animal Crossing. DĂ©laissĂ©e depuis trop longtemps, jâavais oubliĂ© toutes les installations que jây avais faite. Le temps dây faire le tour, de revoir les tĂȘtes des villageois, de me rappeler que âoh tiens 'jâavais fait un bout de mon Ăźle comme si câĂ©tait une terrasse parisienneâ et âOHHHH mais oui jâai fait un jardin zen aussiâ, ramasser quelques mauvaises herbes, changer lâaccoutrement de NoĂ«l devenu inappropriĂ© pour un petit costume de marin en mariniĂšre et bottes en caoutchouc pour aller avec le drapeau breton hissĂ© sur la place de la mairie et le nom breton de mon Ăźle (jâavais dĂ©jĂ dit que jâĂ©tais bretonne ?), aller pĂȘcher des bars communs et entendre lâhymne de mon Ăźle qui nâest rien de moins que les premiĂšres notes de Bohemian Rhapsody (je suis tellement chiante), la douleur se dissipait un peu.
Et puis quand le tour Ă©tait fait, changement dâambiance : direction GTA San Andreas. Ahhhh GTA. Voler des voitures, rouler sur des gens, faire des wheelies en moto, tirer en lâair pour crĂ©er un mouvement de panique, survoler la ville en jetpack et sâenfuir avec aprĂšs avoir tirĂ© sur des gens, utiliser un cheat code pour avoir un Monster Truck (ma passion quand jâĂ©tais enfant, comment ça une roue est plus grande quâun humain et il y a des flammes sur la carrosserie), bloquer la route avec la voiture qui commence Ă sâenflammer pour faire des explosions Ă la chaĂźne⊠Le chaos complet (je suis trĂšs saine).
Je sais pas combien de temps jâai passĂ© Ă juste rouler sur la map en changeant plutĂŽt rĂ©guliĂšrement de voitures et Ă Ă©couter les diffĂ©rentes radios du jeu, mais quâest-ce que câĂ©tait chouette. Je nâavais pas rejouĂ© Ă San Andreas depuis quâon avait troquĂ© la Playstation 2 pour la Playstation 3.
Une petite dose de nostalgie, un peu trop de libre arbitre, et le cÎté sombre de la face toute mignonne du jeu précédent, et me voilà un peu requinquée, joyeuse et satisfaite.
Puis mon copain, qui en a trop vu de moi Ă ricaner en cramant des voitures pour son propre bien, a voulu me montrer Zelda : Tears of the Kingdom, et câĂ©tait tellement beau que le game design et la musique enchanteresse mâont apaisĂ©s au point de mâendormir sur le canapĂ©. Et ça mâa donnĂ© faim aussi, quelle idĂ©e dây intĂ©grer des recettes et des plats aussi jolis.
Ă mon rĂ©veil, il Ă©tait temps de mettre fin Ă mon supplice. Jâai dit aurevoir Ă mon piercing pour ne pas souffrir davantage, tĂ©tanisĂ©e en voyant le changement dâattitude de la perceuse qui a voulu ĂȘtre toute gentille et rassurante quand elle mâa vu dans tous mes Ă©tats, et qui a paniquĂ© une fois quâelle a rĂ©ussi Ă lâenlever (dĂ©jĂ rien que ça câĂ©tait une Ă©preuve) en disant âAH MAIS CâEST HYPER INFECTĂ EN FAITâ, en appelant ses collĂšgues en renfort pour savoir quoi faire, et qui y a Ă©tĂ© soulagĂ©e quand jâai demandĂ© si on pouvait ne plus rien enfoncer dans mon oreille pour lâinstant, aprĂšs avoir failli tourner de lâĆil quand elle a eu la bonne idĂ©e de me montrer ce qui sortait de ce foutu trou (jâai un haut-le-cĆur rien quâen y repensant, vraiment pas un truc de cool kid).
Me voilĂ Ă prĂ©sent avec un lobe dĂ©gonflĂ©, parĂ© non pas dâun bijou mais dâune immense croĂ»te (et pas dâun trou bĂ©ant comme jâai imaginĂ© dans mon cauchemar la veille), dernier vestige de cette folie estivale, et dâune forte envie de me cloĂźtrer chez moi, de rallumer ma Switch, et tester tous les jeux mignons qui y existent. Ou de cramer des Monster Trucks, je sais pas trop.
Peut-ĂȘtre que je vais simplement me contenter dâinvestir dans un ear cuff et Ă©conomiser pour mâoffrir un jour la Switch 2. Ce nouveau Mario Kart mâappelle. Et la mise Ă jour dâAnimal Crossing aussi. Oups.
Et puis si vous aussi vous avez des petites envies de jeu vidĂ©o cozy mais chouette, je ne peux que vous conseiller Storyteller disponible sur lâApp Store et Google Play et par lâinterface Netflix, ou pour un jeu dâĂ©nigme trĂšs fun et trĂšs con, Duck Detective and the Secret Salami (rien que le nom est censĂ© vous donner le ton) sur Steam et Nintendo Switch.
Ă la prochaine,
Ah oui !
Et si ce petit billet vous a plu, nâhĂ©sitez pas Ă en parler et Ă le partager autour de vous ! Ce serait vraiment trop super top (jâen fais trop ?)
Et jâai aussi ouvert un petit compte Instagram, si ça vous dit :
Bisous !
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